Le Conseil de sécurité de l'ONU a soutenu mardi l'appel du secrétaire général Ban Ki-moon pour une pause humanitaire au Yémen, et demandé à ce que des pourparlers de paix se tiennent le plus rapidement possible.
Les 15 membres du Conseil se sont dits, dans une déclaration commune, "profondément déçus" que les discussions prévues à Genève la semaine dernière aient été reportées. Les membres du Conseil ont "appuyé l'appel du secrétaire général de l'ONU pour le prolongement d'une pause humanitaire pour permettre d'atteindre le peuple yéménite de manière urgente", a poursuivi le communiqué.
Une pause humanitaire de cinq jours avait permis en mai aux ONG d'apporter de l'aide aux civils pris dans les combats qui morcèlent le Yémen entre les forces gouvernementales soutenues par la coalition menée par l'Arabie saoudite et la rébellion houthie. "Ces consultations à Genève doivent se tenir sans conditions préalables", a ajouté le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric.
Le Yémen a sombré dans le chaos depuis que les rebelles houthis ont pris la capitale Sanaa en septembre et avancé vers Aden, au sud, forçant le président Abd Rabbo Mansour Hadi à l'exil en Arabie saoudite.
La monarchie du Golfe a, depuis, constitué une coalition, principalement constituée de pays arabes, qui mène depuis le 26 mars une campagne de bombardements aériens contre les Houthis.
Le conflit a fait près de 2.000 morts et poussé plus de 545.000 personnes à quitter leur foyer, selon l'ONU.
raids de la coalition contre un complexe militaire à Sanaa, trois morts Trois personnes sont mortes lorsqu'un incendie s'est déclaré dans un complexe militaire à Sanaa, tenu par les rebelles houthis et visé mercredi à l'aube par des raids de la coalition arabe sous commandement saoudien, rapportent des médias.
"Au moins trois personnes ont été tuées et 11 blessées quand des avions de combat ont mené des frappes contre le complexe du 22-Mai", un site industriel relevant de l'armée et conquis par les rebelles chiites qui l'ont transformé ces derniers jours en dépôt d'armes et de munitions, selon une source médicale et des habitants.
La capitale yéménite a été secouée par des dizaines d'explosions, provoquées par d'intenses raids de la coalition dans la nuit et tôt le matin, et qui ont notamment visé, outre le complexe du 22-Mai, l'ancien QG de la 1re brigade blindée, a-t-on précisé.
L'aviation de la coalition a en outre bombardé dans la nuit un camp de la police militaire à Sanaa et des positions des Houthis et de leurs alliés, des militaires restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, à Hamdane (au nord de Sanaa), ainsi que dans les provinces de Hajja et Saada (nord), Ibb (centre), Taëz et Dhaleh (sud), selon des habitants.
La coalition a intensifié les frappes qu'elle mène depuis le 26 mars contre les Houthis pour les empêcher de prendre le contrôle de l'ensemble du Yémen, alors que les Etats-Unis ont engagé des contacts diplomatiques avec ces rebelles pour favoriser des pourparlers de paix sous l'égide de l'ONU.