Le maire d'une île grecque en appelle à «l'âme de l'Europe»

Publié par DK News le 12-06-2015, 17h46 | 39

Le maire de l'île grecque de Lesbos, débordée par les arrivées de migrants via la mer Egée, en appelle à «l'âme de l'Europe» dans une lettre aux dirigeants européens, pour contenir ce flux de réfugiés «qui dépassent» les capacités de l'île.

Cette île de 85.000 habitants, à l'est de l'Egée et à quelques kilomètres de la Turquie, fait «la dure expérience de la solitude et de l'abandon», écrit Spiros Galinos dans une lettre au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et au président du Parlement européen Martin Schulz.
Face aux canots de migrants qui arrivent tous les jours, «les élus locaux et les volontaires tentent de résoudre un problème qui dépasse largement nos capacités», poursuit le maire dans ce courrier reproduit jeudi par l'agence de presse grecque ANA.

«Nous agissons parce que nous ne pouvons pas tolérer que des vies soient perdues, des hommes exploités et parce que nous avons grandi avec les histoires de nos ancêtres, qui ont fui l'Asie Mineure et sont arrivés à Lesbos comme réfugiés», poursuit-il en référence aux centaines de milliers de Grecs chassés de Turquie après une guerre ayant opposé les deux pays (1919-1922).

«Vous devez comprendre que c'est l'âme de l'Europe qui est en jeu», affirme Spiros Galinos en appelant à ds mesures pour aider cette «île frontière» de l'UE.Lesbos est depuis les années 90 une voie d'entrée des migrants irréguliers en Europe mais les arrivées, comme dans les autres îles grecques les plus proches de la Turquie, ont très fortement augmenté depuis début 2015.

L'île ne comprend qu'un centre de réception et de rétention d'un peu plus de 100 places. Selon différents communiqués des garde-côtes grecs, 1.325 arrivées de migrants ont été comptabilisées depuis le début de la semaine sur l'île, qui est aussi une destination touristique prisée.

La Grèce, qui plie sous le poids de sa dette, a vu le nombre de migrants arrivés sur ses rives multiplié par six depuis le début de l'année, selon l'ONU, et plus de 90% des personnes proviennent de pays dont sont originaires beaucoup de réfugiés, tels que la Syrie (plus de 60%), l'Afghanistan, l'Irak, la Somalie et l'Erythrée.