En ce mois de Ramadhan, les discussions ne tournent qu'autour des prix des différents produits de consommation, allant des fruits aux légumes en passant par la viande, alors que les produits de la mer ne sont pas du tout évoqués du fait de leur inaccessibilité par les bourses moyens.
Le mois de Ramadhan est malheureusement une opportunité pour les commerçants véreux et malhonnêtes de se remplir les poches et de réaliser des bénéfices sur le dos des jeûneurs, aveuglés par la faim. Une virée aux marchés de la capitale confirme cette tendance haussière de tous les produits frais, exposés sur les étals. Face à des consommateurs médusés, les commerçants se jettent la balle en s'accusant mutuellement.
Les détaillants s'en prennent aux mandataires et à ceux qui monopolisent les marchés de gros, au moment où ces derniers s'en prennent aux détaillants, dont la marge bénéficiaire est jugée exagérée, se justifient-ils. Quoiqu'ils avancent, c'est le consommateur qui trinque dans la mesure où il se trouve au bout d'une chaine où le plus fort dévore, pour ainsi dire, le plus faible.
Pourtant plusieurs mesures ont été prises par les pouvoirs publics afin de juguler l'augmentation des prix durant ce mois sacré. Afin de casser les prix, des marchés de proximité ou de solidarité ont été mis en place partout à travers le territoire nationale. Ils ont été généralisés à la quasi-totalité des wilayas, d'autant plus que ces marchés ont enregistré une grande adhésion de la part des opérateurs économiques et des entreprises nationales des secteurs public et privé.
Il s'agit de marchés initiés par l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) qui a réussi à réunir quelque 300 opérateurs et entreprises pour participer à cette opération consistant à casser les prix, notamment durant ce mois sacré.
Cela s'est confirmé au niveau de la Maison du peuple (Alger), au siège de l'UGTA où un marché de proximité a été érigé. Les prix sont imbattables et les citoyens s'en réjouissent. Au vue de la grande affluence qu'a enregistrée ce marché au premier jour du ramadhan, il faut s'attendre que ce genre d'initiative connaisse le même succès à travers Alger et les autres wilayas du pays.
Un autre marché de proximité a été mis en place au niveau de la Safex, aux Pins maritimes. Là aussi, les prix affichés sont très compétitifs, ce qui a amené les citoyens à affluer en nombre vers ce :marché qui contribue à casser les prix et à gêner de ceux qui courent inlassablement et sans scrupule derrière le gain facile durant ce mois de piété. Il s'agit en fait de préserver le pouvoir d'achat des citoyens, lequel sera mis à rude épreuve durant tout le mois de Ramadhan.
En plus des opérations menées pour casser les prix, d'autres opérations de contrôle sont initiées. Rien que pour la wilaya d'Alger, quelque de 7 000 agents de contrôle des prix des fruits et légumes ont été mobilisés, selon le ministère du Commerce.La direction de contrôle des prix et de la lutte contre la fraude au ministère a mis en place un dispositif de contrôle à même d'empêcher les commerçants véreux de profiter abusivement de cette période au cours de laquelle la demande est supérieure à l'offre.
Ce dispositif a été mis en place de manière à déployer le maximum d'agents de contrôle à travers la wilaya d'Alger. Ils auront à intervenir notamment durant les premiers jours du mois sacré, au cours desquels les prix ont l'habitude d'enregistrer une forte augmentation.
Toutefois, la responsabilité des consommateurs demeure engagée puisqu'ils devraient être sensibilisés de manière à éviter les achats excessifs durant la première semaine afin que les prix restent stables. Tous les efforts devraient être conjugués afin de mettre hors d'état de nuire les spéculateurs et autres commerçants malhonnêtes.