La principale formation de l'opposition guinéenne a officialisé son alliance avec l'ex-putschiste Moussa Dadis Camara, affirmant sa détermination à s'imposer à la présidentielle d'octobre en Guinée, a rapporté jeudi la presse locale.
Le chef de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, s'est récemment rapproché de l'ex-putschiste, en exil au Bukina Faso depuis 2010, pour tenter de forger une alliance face au président sortant Alpha Condé.
Pour M. Diallo, l'objectif de l'alliance entre l'UFDG et le Front patriotique pour la démocratie et le développement (FPDD) du capitaine Moussa Dadis Camara est de gagner la prochaine élection présidentielle, contre le RPG, parti de l'actuel président Condé.
Selon un communiqué du UFDG, les deux partis travaillent actuellement pour «déterminer et ficeler tous les paramètres liés à cette alliance politique», l'une des premières nées en Guinée.
«Le FPDD représente un intérêt pour l'UFDG qui compte poursuivre le processus de dialogue et d'élargissement de la concertation avec tous les partis politiques qui veulent une Guinée unie et rassemblée dans la démocratie et pour le progrès», a également soutenu la même source.
Les deux formations politiques comptent ainsi «exiger que les prochaines élections communale et présidentielle soient transparentes et crédibles, seul gage paix et stabilité du pays.»
Le chef de file de l'opposition a également annoncé une plateforme d'alliance, qui sera publiée les prochains jours pour informer l'opinion nationale et internationale de l'action politique des deux partis alliés.
Moussa Dadis Camara a dirigé la Guinée de décembre 2008 à décembre 2009, lorsqu'il a été blessé dans une tentative d'assassinat. Il s'est ensuite réfugié au Burkina Faso.En septembre 2009, après une réunion publique dans le plus grand stade de Conakry, les militaires avaient ouvert le feu à balles réelles sur des manifestants, faisant au moins 157 morts.
Le chef de l'UFDG lui-même avait été gravement battu lors de ce massacre. Pourtant, M. Diallo qui semble avoir dépassé cette épisode, avait évoqué lundi, dans un communiqué conjoint avec l'ex putschiste, une «convergence de vue».
Cette nouvelle alliance entre l'UFDG et le FPDD permettrait, en effet, sur le plan politique à M. Diallo de briser l'isolement politique dans lequel se trouve son parti, notamment après avoir perdu début juin son meilleur allié, Sidya Touré, président de l'Union des forces républicaines (UFR, opposition), estiment les experts.
M. Touré avait alors annoncé qu'il se présenterait seul à la présidentielle d'octobre.
En réaction à ce rapprochement, le parti de la majorité présidentielle, le RPG d'Alpha Condé a estimé jeudi que «l'alliance politique UFDG-FPDD ne pouvait en aucune manière ébranler l'électorat déjà acquis pour le parti au pouvoir».