Libye : divergences à Tripoli sur le projet d'accord de l'ONU pour une sortie de crise...

Publié par dknews le 02-07-2015, 15h31 | 23

Les Parlements libyens rivaux se penchaient mercredi sur le dernier projet d'accord pour un gouvernement d'union nationale mais le retour à la table des négociations de leur délégation respective pourrait ne pas avoir lieu cette semaine, en raison de divergences à Tripoli.

Les deux Parlements, qui sont sous pression de la communauté internationale pour signer un accord de sortie de crise sous l'égide de l'ONU, ont réuni depuis deux jours leurs instances, ont indiqué à l'AFP des responsables à Tripoli et à Tobrouk.

«Nous sommes en train d'examiner les textes avec nos négociateurs qui étaient au Maroc» (pour négocier avec l'ONU), a indiqué à l'AFP un responsable du gouvernement installé à Tripoli.
Selon lui, le Congrès général national (CGN, Parlement non reconnu par la communauté internationale) devait voter le texte «aujourd'hui (mercredi)». Mais cela pourrait être reporté d'une semaine», a-t-il ajouté.

Fajr Libya, coalition de milices qui soutient les autorités de Tripoli, a en effet fait savoir qu'elle rejetait la dernière mouture du texte de l'ONU affirmant sur sa page officielle Facebook que signer ce texte serait «une trahison car il consacre le retour d'une dictature fasciste sous l'égide de l'ONU».

Des dizaines de Libyens, dont des femmes, ont manifesté mercredi devant le siège du CGN à Tripoli pour s'opposer à ce texte, brûlant des photos de l'émissaire onusien pour la Libye, Bernardino Leon, selon un photographe de l'AFP.

A Tobrouk (est), siège du Parlement reconnu par la communauté internationale, le député et rapporteur du comité de dialogue, Oussama Mohamed Faraj al-chaaf, a indiqué que le Parlement était «prêt en principe à avaliser» le texte, selon une agence de presse proche du gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Après des mois de tractations, M. Leon avait affiché lundi son optimisme, affirmant que les deux délégations, retournées consulter leur Parlement respectif, seraient de retour au Maroc d'ici jeudi pour poursuivre les négociations.La dernière mouture du projet onusien prévoit notamment la formation pour un an d'un gouvernement d'union nationale.

Les Etats-Unis et cinq pays européens (Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Espagne) ont appelé les deux Parlements rivaux à accepter le projet d'accord proposé par l'ONU.«Nous considérons que ce document est réfléchi, une base équilibrée pour un accord qui répond aux attentes urgentes du peuple libyen et assure l'unité de la Libye», ont ajouté ces pays.

...le Conseil de sécurité pousse à un accord politique

Le Conseil de sécurité de l'ONU a exhorté mercredi les factions libyennes à trouver un accord politique, à la veille de la reprise prévue des négociations.Dans une déclaration adoptée par consensus, les 15 pays «exhortent les participants (aux négociations) à s'accorder sur un gouvernement de transition et à signer le projet» d'accord proposé par l'ONU «dans les prochains jours».

Un gouvernement d'union «est dans l'intérêt du peuple libyen et de son avenir, afin de mettre fin aux crises politique et sécuritaire et de faire face à la menace croissante du terrorisme».En proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Al Guedhafi en 2011, la Libye compte deux Parlements, et deux gouvernements, qui se disputent le pouvoir, l'un à Tripoli, et l'autre à Tobrouk (est), reconnu par la communauté internationale.

La dernière mouture du projet onusien prévoit notamment la formation pour un an d'un gouvernement d'union nationale.Les Etats-Unis et cinq pays européens (Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Espagne) ont appelé mercredi dans une déclaration commune les deux Parlements rivaux à accepter le projet d'accord proposé par l'ONU.