Baccalauréat en France : Un diplôme en dégradation ?

Publié par Cherbal E-M le 06-07-2015, 16h47 | 46

Le texte présenté au conseil supérieur de l’éducation, début juillet  vise à limiter le phénomène de décrochage des élèves de terminale qui, après avoir échoué au Bac, ne retrouvent plus de place pour se donner une seconde chance.

Parmi les principales mesures introduites dans la proposition de Najat Vallaud Belkacem, la possibilité, à compter de 2016, pour les lycéens recalés au bac  d’avoir le droit de redoubler dans leur lycée et de garder les notes au-dessus de la moyenne obtenues lors de l’examen du Bac.

D’après le site www.la-croix.com, ce texte, qui donne  « droit à une nouvelle préparation aux examens dans leur établissement d’origine concerne les élèves du public et du privé sous contrat ayant échoué au bac, au brevet de technicien, au CAP ou au BTS».

Ce site a par ailleurs donné la parole à une syndicaliste  du syndicat enseignant SE-Unsa qui regrette effectivement que le droit au redoublement ne soit pas encore garanti aux élèves dans leur établissement d’origine ; ce qui d’après elle est source de décrochages forcés de nombreux élèves contraints de rechercher d’autres voies.

D’autre part, ajoute cette syndicaliste, sur ce même site,   «c’était un scandale de rentrée tous les ans, dans certaines régions où il y a beaucoup de pression sur les effectifs de terminale».

Si pour certains cette mesure est de nature à fixer les élèves échouant au bac, d’autres inscrivent cette initiative dans un cadre général de recul du niveau de l’enseignement et du baccalauréat en France.

Pour rappel, la France s’est lancée il y a trente ans le défi de parvenir à un taux de réussite au bac  de  80% Même si le résultat a été atteint, parvenant l’année dernière à un taux de 87,9%, beaucoup d’observateurs pointent du doigt une révision à la baisse des exigences de qualité ; le journalise du site d’information la-croix.com va même jusqu’à se demander si cela est  «bien crédible, alors que les comparaisons internationales – notamment Pisa, réalisée au sein de l’Ocde – montrent plutôt une dégradation des performances de notre système éducatif ? » De son côté, le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire réagit à cette initiative en publiant un message sur Twitter dans lequel il affirme, selon la-croix.com : «Dispenser les redoublants de terminale de certains cours est démagogique et contre-productif pour la poursuite d’études supérieures ».

Les politiques n’ont pas été en reste, à commencer par les grosses pontes de la droite qui se sont élevés contre cette nouvelle réforme. Ancienne ministre de la justice sous Sarkozy, Rachida Dati  du parti Les Républicains  qu’en proposant ces mesures, la ministre de l’éducation « va démotiver les élèves, compliquer la tâche des enseignants et dévaloriser un peu plus le Bac ! », souligne le site la-croix.fr

La patronne de l’enseignement secondaire du ministère français  de l’éducation, Florence Robine défend pour sa part le bienfondé de la nouvelle réforme.

Elle reconnait une baisse de exigences, notamment en matière  d’orthographe, de grammaire, voire même de mathématiques ; mais explique-t-elle au site la-croix.fr, «on attend des candidats bien d’autres compétences, par exemple la capacité à bâtir des passerelles entre disciplines scientifiques ou la maîtrise d’outils numériques.»