L'organisation Amnesty International a accusé, dans un rapport rendu public mardi, la Serbie et la Macédoine de mauvais traitements envers des clandestins qui transitent par ces territoires en route vers l'Union européenne (UE).
«Les réfugiés et les migrants qui transitent par les Balkans sont exposés à de violents abus (...) de la part des autorités et des criminels locaux, et ont été honteusement abandonnés par l'UE et sa politique envers les migrants, qui les a laissés sans protection en Serbie et en Macédoine», explique le rapport.
Ce rapport est le résultat de quatre enquêtes réalisées en Serbie, en Hongrie, en Grèce et en Macédoine entre juillet 2010 et mars 2015 et au cours desquels plus de 100 migrants ont été interrogés, a-t-on indiqué.
«Les réfugiés fuyant la guerre et les persécutions traversent les Balkans dans l'espoir de trouver la sécurité en Europe, mais se retrouvent victimes d'abus et d'exploitations et à la merci d'un système de demande d'asile défaillant», a déclaré Gauri van Gulik, directeur adjoint d'Amnesty pour l'Europe et l'Asie centrale.
«La Serbie et la Macédoine sont devenues une (porte de sortie) pour le flot de migrants que personne en Europe ne semble être disposé à accueillir», a-t-il ajouté.Aux frontières de la Grèce avec la Macédoine et de la Macédoine avec la Serbie, les réfugiés et migrants sont soumis à des «renvois sommaires illégaux alors que nombreux sont contraints de payer des pots-de-vin», poursuit le rapport.
Des réfugiés, en route vers la Hongrie, ont été obligés de payer chacun 100 euros à la police des frontières serbe sous la menace d'être renvoyés, indique le rapport citant un témoin. D'autres clandestins ont témoigné avoir été «sévèrement battus» en Serbie et en Macédoine. Selon le ministère serbe de l'Intérieur, plus de 3 000 personnes ont demandé l'asile en Serbie depuis le début de l'année.
Amnesty reproche à l'UE d'avoir «investi d'importants moyens dans le contrôle de frontières au lieu d'avoir soutenu l'amélioration du système de demande d'asile». «La Serbie et la Macédoine doivent faire beaucoup plus dans le domaine du respect des droits des migrants et des réfugiés.
Mais il est impossible de séparer les violations de leurs droits de la pression que représente le nombre croissant d'immigrés et l'échec de la politique de l'UE sur l'immigration», a déclaré M. van Gulik.