C’est déjà l’Aïd

Publié par OL le 11-07-2015, 18h57 | 49

A l’approche de la fin du Ramadhan, les appétits se détournent des mets les plus raffinés, des sucreries et autres spécialités orientales pour se préoccuper du paraître, c’est-à-dire des vêtements de fête.

L’an dernier le jeûne du Ramadhan a coûté 5 milliards de dinars aux Algérois et rien n’empêche de penser que les habitants des villes, y compris moyennes ont eu à puiser dans leurs économies.
Heureusement que cette année la mercuriale a été du côté du consommateur !

BOUTIQUES
Le commerce de l’habillement avec celui de l’alimentation,  est le chapitre des dépenses des ménages le plus lourd. Du fait de la taille des familles et de la qualité recherchée par les Algériens. L’importation organisée, dans les règles de vêtements, la contrebande, font que les prix affichés sont des leurres, le marché informel, plus actif et même plus mobile  rafle la mise.

Les vêtements en vente dans les boutiques de mode sont plus chers parce que les commerçants ont des charges et payent leurs impôts.

Le problème est que ces enseignes n’obéissent pas aux saisons : on trouve encore exposés dans les vitrines des effets vus et revus depuis l’hiver !
Pourtant, aux dires des commerçants «  ce sont les nouveaux arrivages ! »
Les prix relevés, hier sur El Biar et Ben Aknoun sont une illustration de cette tendance, à quelques 200, 300 DA près.

Il y a lieu de noter que les acheteurs appartiennent à la classe moyenne dont les revenus avoisinent les 50000DA/mois. Ils consomment «taâ lihh», même quand c’est de la contrefaçon !

La fièvre acheteuse touche les classes d’âge entre 15 et 40 ans : Le chemisier femme est proposé à partir de 3900DA, 4200 et 4500DA, Robes : 5800DA, 6800Da, 7800DA, Jupes courtes : 2500DA ; mi-longues  4800DA, Vestes de saison : 8500DA, T-Shirt : 2500 DA, Jeans : 5800 et 6500DA

Hommes
Chemises : 2500Da, Jeans : 1800 à 2500DA, Chaussures de sport de «  marques »: de 6000 à 8000DA

Enfants
Tous les prix se situent dans les mêmes fourchettes pour chaque article.

Le père ou la mère de famille qui sait que la rentrée scolaire oblige à d’autres dépenses choisissant pour l’aïd «  les soldes de baskets qui sont à 800-1000DA la paire  et les produits turcs en coton qui sont meilleur marché : jeans, à 1000 DA, T-shirt à 400 ou 600DA… En attendant le mois de septembre ! »
Le conseil des jeunes qui connaissent l’éphémère du paraître, il vaut mieux « acheter au marché, soit à El Biar ou à Meissonnier après le f’tour» préconise cette jeune femme aux goûts simples.

Le budget dédié à l’aïd, «  la fête des enfants » peut atteindre pour une famille de 4 personnes un minimum de 40 000 DA. Ajoutés aux dépenses alimentaires, elles approchent les 100 000DA soit le double du revenu mensuel.

Ces emplettes mettent cruellement en évidence l’absence de la production nationale (si ce n’est celle de la contrefaçon).