L'ONU a exprimé mardi son inquiétude face à la décision des autorités centrafricaines de placer de nombreux centafricains dans la case des exclus du droit de vote prévu le mois d'octobre prochain .
«Le Conseil national de transition (CNT, parlement transitoire) a rejeté les dispositions du projet de loi électorale permettant aux réfugiés centrafricains de voter», a expliqué un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Leo Dobbs, lors d'un point de presse à Genève .
«Ceux qui souhaitent voter doivent d'abord revenir en Centrafrique», a-t-il ajouté .
Le HCR recense 460.000 réfugiés centrafricains (un dixième de la population) dans les pays voisins, installés principalement au Cameroun, au Tchad, en République démocratique du Congo (RDC) et au Congo .
Environ 190.000 d'entre eux sont éligibles, dont 80 à 90% de musulmans, selon le HCR .
D'après le HCR, la décision du CNT - prise le 30 juin - va exclure de facto une part significative de l'électorat du processus politique en cours, qui vise à aboutir à des «élections démocratiques et inclusives», à restaurer la paix et à favoriser la réconciliation entre les différentes communautés .
Priver une partie de la population de participer aux élections pourrait mettre en danger le processus national de réconciliation, prévient le HCR, qui demande aux autorités centrafricaines de revenir sur leur décision .
Les autorités de transition en Centrafrique, qui peine à se relever de décennies de troubles incessants ayant abouti en 2013-2014 à des violences intercommunautaires massives, ont fixé, le 19 juin dernier, la tenue de l'élection présidentielle au 18 octobre . Il s'agissait du troisième report de ce scrutin, initialement prévu en novembre 2014 dans ce pays plongé dans la plus grave crise de son histoire depuis l'indépendance de 1960 .