Le pouvoir de la société : L'écrivain face aux tabous dans les sociétés arabes

Publié par Dk News le 25-07-2015, 18h30 | 32

Une conférence sur la littérature face aux tabous dans les sociétés arabes a été animée vendredi à Alger dans le cadre du 8e Festival international de la littérature et du livre de jeunesse.

Plusieurs participants de plusieurs pays arabes sont intervenus durant cette rencontre sur les problématiques sociaux et les tabous rencontrés dans la littérature arabe.

Le romancier marocain Abdelaziz Rachedi, auteur de «La cuisine d'amour» (2012) a estimé que l'écrivain dans les pays arabes trouvait plus de facilité à aborder les questions religieuses que celles d'ordre social, notamment ce qui a trait aux traditions.

Pour sa part, l'écrivain tunisien Ibrahim El Darghouti, a souligné que «l'absence de démocratie et de tolérance dans les sociétés arabes sont les principales causes qui font que le lecteur arabe acceptait mal les tabous». L'auteur des «Fenêtres de minuit (1996) a rappelé avoir été plusieurs fois victime de censure en Tunisie et dans des pays arabes à cause de ses écrits osés.

L'écrivain algérien et chercheur en patrimoine, Mohamed Meflah, a quant à lui mis l'accent sur l'importance d'évoquer les questions religieuses et historiques en Algérie, notamment la tragédie noire durant les années 90, estimant que beaucoup d'aspects de l'histoire algérienne demeuraient occultés.

L'auteur de «Tracas d'une époque de fellagas» a par ailleurs déploré l'absence d'espaces d'expression sur la mémoire, ajoutant que les écrivains dans les pays arabes n'abordaient pas les questions enfouies dans le subconscient, ce qui constitue un obstacle à l'innovation littéraire.

La 8e édition du Festival international de la littérature et du livre de jeunesse se poursuit jusqu'au 29 juillet en cours à l'esplanade de Riadh El Feth. Plusieurs conférences littéraires sont au programme de cette manifestation à laquelle prennent part 55 écrivains représentant une vingtaine de pays.