L'organisation intergouvernementale est-africaine (Igad), qui mène les négociations pour la paix au Soudan du Sud, a proposé samedi de créer un tribunal afin de juger les crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis dans ce pays ravagé par la guerre depuis plus d'un an et demi.
Les négociations pour la paix ont débuté en Ethiopie peu de temps après le début des affrontements entre les forces du président Salva Kiir et celles fidèles à son ex-vice-president Riek Machar, mais elles ont toujours échoué, les belligérants n'ayant jamais appliqué les cessez-le-feu signés à au moins sept reprises depuis janvier 2014.
Dans son dernier projet d'accord publié samedi, l'Igad propose la mise en place d'un tribunal indépendant, en collaboration avec l'Union africaine (UA) et l'ONU, qui serait compétent pour juger les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et un éventuel génocide.
Dans ce document de 77 pages publié samedi, les médiateurs proposent également un nouveau partage du pouvoir en donnant aux rebelles un poste de «premier vice-président», aux côtés d'un autre vice-président, et 53% des postes ministériels au gouvernement actuel contre 33% aux rebelles.
Dans les Etats-clés du conflit, au Jonglei, au Nil Supérieur et en Unité, ce ratio serait inversé et les rebelles occuperaient 53% des postes ministériels contre 33% à l'actuel gouvernement.
La guerre a débuté en décembre 2013 dans la capitale Juba lorsque le président Salva Kiir a accusé son vice-président Riek Machar, tout juste limogé, de fomenter un coup d'Etat.
Un sommet doit être organisé à Addis Abeba le 5 août pour reprendre les négociations et un accord de paix doit être signé avant le 17 août selon le dernier ultimatum posé par les médiateurs internationaux.