Conflit au Yémen : une nouvelle trêve humanitaire demandée par le président Hadi, silence des Houthis

Publié par Narimane BELHACENE le 26-07-2015, 18h18 | 17

Une trêve de cinq jours doit entrer en vigueur lundi à minuit au Yémen afin de favoriser l'acheminement d'aides humanitaires, après l'échec de deux précédentes tentatives, alors que la dégradation de la situation persistait dimanche à travers le pays.

Saluée par  les Ong humanitaires, la nouvelle trêve intervient après une longue série de bombardements aériens menée par la coalition arabe contre les rebelles Houthis.

L'arrêt des combats, qui sera en vigueur à partir de lundi 00h00 locales (dimanche 21h00 GMT), a été annoncé samedi par la coalition arabe au lendemain de la mort de 35 civils tués dans un raid de la coalition dans la ville de Mokha (sud-ouest), une attaque qualifiée par des habitants de bavure et attribuée par d'autres à la proximité de positions rebelles d'une zone résidentielle.

La trêve a été sollicitée par le président yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié à Ryadh, pour «acheminer et distribuer le maximum d'aides humanitaires et médicales» à la population en détresse, a-t-on précisé de source saoudienne.

Une nouvelle trêve et des espoirs
Ce n'est pas la première fois que de telles trêves humanitaires sont annoncées, les deux trêves précédentes négociées par les Nations Unies n'ont pas tenu sur le terrain, les belligérants ne cessant pas les violences. Une première trêve de cinq jours a été décrétée le 13 mai dernier par les Nations unies, la seconde, avait également volé en éclats le 11 juillet.

La trêve dans le pays en guerre doit courir à partir de lundi 00h00 locales (dimanche 21h00 GMT), mais la coalition se réserve pendant les cinq jours le droit de riposter à toute «activité ou mouvements militaires» des rebelles Houthis, selon un communiqué.

Selon l'Arabie Saoudite, le président yéménite a souhaité une telle trêve pour «acheminer et distribuer le maximum d'aides humanitaires et médicales» à la population en détresse. Toutefois, les Houthis n'ont encore pas encore réagi à l'annonce de cette nouvelle trêve.

Un lourd tribut civil
En quatre mois, la guerre a fait près de 3 000 morts et quelque 10 000 blessés, selon les ONG humanitaires. Elle a mis un million de réfugiés intérieurs sur les route et privé 25 millions d'habitants parmi les plus pauvres du monde, d'un nombre croissant de produits de première nécessité, eau potable et médicaments notamment.

Vendredi, 35 civils, dont des femmes et des enfants, avaient été tués dans le raid effectué sur cette ville côtière proche de Taëz, où des victimes ont été transportées.

L'Onu avait livré il y a quelque jours par voie maritime une cargaison d'aide humanitaire à Aden, la première des Nations unies à arriver de cette façon dans cette ville depuis le début du conflit en mars.
Le système de santé s'est effondré tout comme celui de l'éducation.

Selon le chef de la délégation de la Croix-Rouge internationale (Cicr) au Yémen,  Antoine Grand, la souffrance des civils «atteint des niveaux sans précédent» en raison de graves pénuries d'eau, de vivres et de combustible dans  le pays.

Appel à la retenue
La Croix-Rouge internationale  a lancé un appel à la retenue aux parties en conflit. «Ces deux dernières semaines, les combats au sol se sont intensifiés dans Aden et Taëz (sud)», a dit le chef de la  délégation du Cicr au Yémen.

«Nous avons de plus en plus de mal à atteindre les zones touchées et à continuer d'apporter des secours vitaux et d'évacuer les blessés et les morts», selon lui.

Au terme de trois mois de frappes aériennes et de guerre civile, le Yémen est le théâtre de désastres humanitaires et environ 80% de la population a besoin d'aide.