Selon une étude : Des experts du FMI plaident pour la redistribution des richesses

Publié par DK News le 27-02-2014, 17h22 | 27

Des experts du FMI ont plaidé, mercredi dans une étude, en faveur de la redistribution des richesses et la lutte contre les inégalités, tranchant avec les positions traditionnelles d'une institution focalisée sur l'austérité économique et un manque d'intérêt pour le facteur humain.

Selon eux, les inégalités sociales ne sauraient être négligées par les gouvernements notamment parce qu'elles «amputent la croissance» en réduisant l'accès à l'éducation et en alimentant l'instabilité politique et économique.

«Ce serait une erreur de se focaliser sur la croissance et de penser que les inégalités se régleront d'elles-mêmes, au moins pour la seule raison que cela pourrait déboucher sur une croissance faible et non viable», écrivent les auteurs de cette étude qui a reçu l'approbation du chef économiste du Fonds monétaire international, Olivier Blanchard.

Ces experts n'hésitent pas, dès lors, à prendre le contre-pied de certains économistes libéraux, selon qui la redistribution des richesses par l'impôt et les transferts sociaux (allocations, aides...) décourageraient l'initiative privée et seraient, en définitive, nuisible à l'activité économique.

Cette étude se démarque ainsi nettement des recommandations du FMI aux pays en crise qui sont d'ordinaire centrées sur la baisse de la fiscalité et de la dépense publique et peu sur les inégalités sociales, à travers des plans de réajustement strurturels très sévères et non adaptés aux spécificités des pays visés.
L'étude ne reflète toutefois pas la position officielle du Fonds. Un de ses auteurs a concédé d'ailleurs qu'elle n'avait pas d'«implications directes» sur la conception des programmes d'aide de l'institution et sur ses recommandations.

En dépit de ces réserves, l'ONG Oxfam a aussitôt salué cette étude, espérant qu'elle pourrait marquer un «changement de ton» du FMI à l'heure où sa directrice générale, la Française Christine Lagarde, vient elle aussi de s'inquiéter de l'impact des inégalités.