Le Conseil de sécurité de l'ONU a exhorté le gouvernement du Burundi à renouer immédiatement le dialogue avec l'opposition pour mettre un terme à la spirale de violences qui frappe le pays.
«Les membres du Conseil ont exprimé leur profonde inquiétude face à la situation politique et sécuritaire au Burundi et appelé à une reprise immédiate d'un dialogue ouvert afin d'atteindre une paix durable», a déclaré lundi à la presse l'ambassadrice à l'ONU du Nigeria, Joy Ogwu.
Les quinze membres du Conseil ont soutenu la proposition du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon d'envoyer un médiateur au Burundi, lors d'une réunion d'urgence, selon des diplomates présents.
L'ambassadrice du Nigeria, qui tient la présidence tournante du Conseil, a assuré aux journalistes que Ban Ki-moon enverrait bientôt un médiateur.
Le Burundi est plongé dans une grave crise politique et s'enfonce dans la violence depuis l'annonce fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, dénoncée par l'opposition, la société civile et l'Eglise catholique.
Le dialogue entre le gouvernement et l'opposition est suspendu depuis le 19 juillet.
Depuis le début de la crise en avril, au moins 94 personnes ont été tuées, environ 600 personnes interpellées ou arrêtées et 40 cas de torture aux mains de la police ont été dénoncés, selon le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les droits de l'homme, Ivan Simonovic.