Pétrole : Le gouvernement américain autorise Shell à forer dans l'Arctique

Publié par DK News le 18-08-2015, 23h28 | 35

L'administration américaine a accordé son feu vert définitif à Royal Dutch Shell pour reprendre ses forages dans l'océan Arctique dans l'espoir d'y trouver du pétrole et du gaz, une campagne d'exploration interrompue depuis trois ans et contestée par les défenseurs de l'environnement.

Le département de l'Intérieur a donné au groupe anglo-néerlandais un permis définitif de prospection dans la mer des Tchouktches, au nord de l'Alaska.

Shell avait suspendu son programme de forages dans cette zone en 2012 après s'être heurté à de multiples difficultés imprévues, parmi lesquels la perte de contrôle d'une énorme plateforme de laquelle 18 ouvriers avaient dû être évacués par les gardes-côtes.

Les conditions particulièrement difficiles dans la mer des Tchouktches ont dissuadé d'autres compagnies pétrolières d'y prospecter.

Le feu vert de Washington n'a été accordé à Shell qu'une fois terminées les réparations requises sur le Fennica, un brise-glace loué par la compagnie qui transporte des équipements de forage d'urgence.

Le bateau avait subi une déchirure dans sa coque après avoir heurté des hauts-fonds non répertoriés au sud de l'Alaska et il avait dû été envoyé dans l'Oregon afin d'être réparé.

L'incident a obligé Shell à suspendre le programme d'exploration pour lequel le département de l'Intérieur lui avait accordé un permis.

Shell avait obtenu des concessions dans la mer des Tchouktches pendant la présidence de George W. Bush, avant 2009.

Depuis, le groupe a investi quelque 7 milliards de dollars dans l'exploration de l'Arctique, où l'extraction éventuelle de pétrole nécessiterait au moins dix ans de travaux.

L'administration américaine estime que 20% des réserves de pétrole et de gaz non répertoriées du monde se trouvent dans l'Arctique.

La détermination de Shell à réaliser des forages dans cette région alimente la colère des organisations de défense de l'environnement, qui arguent du caractère vulnérable spécifique de l'océan Arctique, notamment en raison du changement climatique.

Fin juillet, 13 militants de Greenpeace s'étaient suspendus à un pont dans l'Oregon, bloquant temporairement le retour du Fennica vers l'océan Pacifique après ses travaux de réparation.

Le président Barack Obama «doit modifier le cap fixé il y a huit ans par l'ex-président George W. Bush en matière de forages dans l'Arctique, et non le perpétuer», a déclaré lundi Michael Brune, le président du Sierra Club, une organisation de défense de l'environnement.

Le Sierra Club appelle Barack Obama à annuler les enchères prévues en 2016 et 2017 pour l'octroi de nouveaux permis pétroliers et à interdire définitivement les forages dans l'océan Arctique.

Barack Obama doit se rendre en Alaska à la fin du mois pour prononcer un discours lors d'une conférence sur l'Arctique et visiter des régions menacées par le changement climatique.

Curtis Smith, un porte-parole de Shell, a déclaré que la compagnie souhaitait «évaluer ce qui pourrait devenir une ressource énergétique nationale».

La compagnie n'exclut pas d'achever le forage d'un puits cet été mais elle n'a publié aucun calendrier détaillé.

 

Le Brent à moins de 49 dollars hier à Londres

Le baril de Brent de la mer du Nord (pour livraison en octobre) valait 48,53 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, lors de l'une des séances d’hier  matin, en baisse de 21 cents par rapport à la clôture de lundi.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en septembre perdaient 22 cents à 41,65 dollars.

«Les cours du pétrole sont toujours sous pression et cela ne devrait pas prendre longtemps au Brent pour glisser sous son plus bas en 6 mois et demi, et au WTI de tomber sous son minimum en six ans et demi atteint la semaine dernière», soulignaient les analystes.

Les cours du WTI ont atteint vendredi dernier leur plus bas niveau depuis début mars 2009 à 41,35 dollars le baril, tandis que le Brent avait glissé à un nouveau plus bas depuis la fin janvier en début de semaine dernière à 48,24 dollars le baril.

Les cours ont ainsi perdu plus de la moitié de leur valeur depuis leur pic de juin 2014, plombés par une offre excédentaire, et ce malgré une amélioration de la demande stimulée par les prix bas.

Mais cette embellie de la demande a surtout profité au marché des produits pétroliers, notamment à l'essence, et moins au brut car les producteurs d'or noir ont continué à pomper au maximum pour compenser la baisse des cours.

«Les prix de l'or noir souffrent car les stocks de brut continuent de grimper, et ils devraient rester sous pression jusqu'en 2018 dans les conditions actuelles de surabondance d'offre, d'un retour de l'Iran et d'un dollar robuste», notaient des observateurs.

Un nouveau commentaire lundi des autorités iraniennes sur les exportations du pays une fois les sanctions internationales levées a d'ailleurs pesé sur les marchés.

Le représentant de l'Iran à l'Opep a indiqué que la production de cette organisation pourrait atteindre 33 millions de barils par jour (mbj) quand les sanctions internationales seront levées (contre 32 mbj actuellement).