Mondiaux d'athlétisme de Pékin : Makhloufi nourrit l'espoir de l'athlétisme algérien de renouer avec le podium

Publié par DK News le 19-08-2015, 18h48 | 164

Après quatre éditions de disette, l'athlétisme algérien espère renouer avec la consécration mondiale à l'occasion des Championnats du monde prévus du 22 au 30 août à Pékin (Chine), en comptant sur son chef de file, le champion olympique sur 1500 m aux jeux de Londres 2012, Taoufik Makhloufi.

Depuis 2005 à Helsinki (Finlande) et jusqu'à l'édition 2013 de Moscou (Russie), le palmarès de l'athlétisme algérien qui a obtenu 9 médailles (6 en or et 3 en bronze) lors de ses précédentes participations aux différents championnats du monde, est resté vierge.

Pour le rendez-vous de Pékin, l'espoir de médaille de l'Algérie qui sera représentée par 14 athlètes, repose sur Makhloufi qui compte redorer le blason de l'athlétisme national, absent des podiums lors des quatre dernières éditions.

En effet, Makhloufi prendra part aux championnats du monde avec l'objectif d'arracher une place sur le podium, comme il l’a indiqué dimanche à Alger.

«Après concertation avec mon équipe, nous avons décidé de courir seulement le 1500 m aux Mondiaux de Pékin, avec l'objectif de décrocher une place sur le podium», a déclaré Makhloufi lors d'un point de presse.

Auteur de la deuxième meilleure performance mondiale de l'année et de son meilleur temps personnel sur 1500 m au meeting de Monaco en juillet dernier, avec un chrono de 3:28.75, Makhloufi s'est montré confiant sur ses chances de médaille à Pékin face aux meilleurs coureurs du monde sur cette distance.

Pour les autres athlètes, les prévisions sont à la limite de la moyenne et il ne faut pas s'attendre à un coup d'éclat, puisque les représentants algériens ambitionnent, seulement d'«arracher deux ou trois places en finale».

D'ailleurs, tous les athlètes ont tenu à reconnaître la dure tâche qui les attend à Pékin face aux meilleurs athlètes du monde.

Larbi Bouraada qui est resté cette année loin de la compétition en raison d'une blessure à la jambe, a indiqué qu'il retrouvait petit à petit la forme et que le dernier championnat national lui avait permis de jauger ses capacités.

«Si je réédite mes résultats sur les épreuves auxquelles j'ai participé, je peux prétendre à une excellente prestation», a-t-il dit en reconnaissant la valeur de ses adversaires.

Amina Bettiche a abondé dans le même sens en soulignant la force des Kényanes et autres Ethiopiennes sur le 3000 m steeple. «Je ferai de mon mieux pour passer en finale. Après, tout est possible», a-t-elle précisé.

La force des Africains sur cette épreuve a été aussi relevée par les autres «steeplers» Hichem Bouchicha et Bilal Tabti dont le rêve est de passer en finale du 3000 m steeple, aux côtés des ténors.

Le trio du 400 m haies, Abdelmalek Lahoulou, Saber Boukemouche et Miloud Rahmani, était beaucoup plus concentré et ne voulait pas trop s'exprimer.

Pour sa part, Yacine Hathat, qualifié sur le 800 m et repêché par la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) sur le 1500 m a indiqué avoir choisi cette dernière épreuve pour tenter d'aller en finale et avoir l'honneur de courir aux côtés du champion olympique Taoufik Makhloufi.

En prévision des Mondiaux de Pékin, tous les qualifiés ont opté pour des regroupements en France à l'exception de la marathonienne Barkahoum Drici qui a choisi le complexe sportif d'Ifrane au Maroc, où elle a entamé son stage le 19 juillet.

En France, c'est à Paris et Font-Romeu que les «mondialistes» ont élu domicile, à l'image de Taoufik Makhloufi qui se trouve avec son groupe sous la houlette du Français Philippe Dupont, tout comme Yacine Hathat, Bilal Tabti et Hichem Bouchicha qui s'entraînent sous la direction d'Abdelkrim Lamri.

Le décathlonien Larbi Bouraada et la marathonienne Souad Aït Salem ont choisi Vincennes à Paris, non loin de Compiègne où s'est préparé Abdelmalek Lahoulou sur le 400 m haies.

Enfin, Amina Bettiche, à la recherche de sa forme compétitive, était également à Paris dans un des centres sportifs de la capitale française. «»La Direction technique nationale (DTN) a répondu favorablement aux demandes des entraîneurs des athlètes qualifiés aux Mondiaux-2015, concernant la préparation à l'étranger avant le rendez-vous de Pékin», selon le chargé des équipes nationales, Abdelkrim Sadou, précisant que «les staffs techniques des athlètes ont choisi eux-mêmes les lieux des stages».

Le premier groupe, composé de huit (08) athlètes encadrés par des officiels et le chef de la délégation, Samir Moussaoui, membre du bureau fédéral, a quitté Alger jeudi dernier pour rejoindre la capitale chinoise.

Le 2e groupe, composé d'un seul athlète, Salim Keddar, et d'officiels est parti le 16 août, suivi deux jours plus tard (le 18) par le 3e groupe avec Souad Aït Salem (marathon), Khaled Benmahdi (800 m) et Taoufik Makhloufi (1500 m). Le 20 août, Barkahoum Drici ralliera Pékin en compagnie d'un officiel.

«Il faut prendre en compte le programme de nos athlètes qualifiés et de leur entrée en compétition. Pour cela, nous devons arriver au moins une semaine avant leurs grands débuts», avait expliqué le directeur technique national, Ahmed Boubrit, précisant qu'il «faut aussi penser au décalage horaire ainsi qu'aux conditions climatiques du pays d'accueil».

Le président de la Fédération algérienne d'athlétisme, Amar Bouras, est du voyage à Pékin pour assister aux élections de l'IAAF pour lesquelles il est candidat au conseil.

Liste des Algériens à Pékin :

Abdelkrim Lahoulou, Miloud Rahmani et Saber Boukemouche (400 m haies), Khaled Benmahdi et Yacine Hathat (800 m), Abdelhamid Zerifi, Hicham Bouchicha et Billel Tabti (3000 m steeple), Larbi Bouraâda (décathlon), Taoufik Makhloufi et Salim Keddar (1500 m), Amina Bettiche (3000 m steeple), Souad Aït Salem et Barkahoum Drici (marathon).

 

Le compteur de l'Algérie bloqué à 9 médailles avant le rendez-vous de Pékin

L'athlétisme algérien qui s'apprête à prendre part du 22 au 30 août aux Mondiaux-2015 de Pékin (Chine), a obtenu jusque-là 9 médailles (6 en or et 3 en bronze), lors de ses précédentes participations aux différents championnats du monde.

En 1991 à Tokyo (Japon), Noureddine Morceli et Hassiba Boulmerka sont entrés dans l'histoire, en offrant à l'Algérie ses premières consécrations mondiales avec deux médailles d'or (1500 m), alors que la dernière médaille mondiale en vermeil date de 2003 avec cette victoire d'Aïssa Djabir Saïd-Guerni à Paris (France) sur 800 m.

Depuis, l'hymne national algérien n'a plus retenti dans le ciel de l'athlétisme mondial.

La participation algérienne aux Mondiaux-1991 de Tokyo a été prolifique en médailles, avec la consécration de Noureddine Morceli, Hassiba Boulmerka sur 1500 m et Azzeddine Brahmi (3000 m steeple) qui a décroché le bronze.

Deux ans plus tard, l'Algérie renoue avec la consécration mondiale, à l'occasion des Mondiaux de Stuttgart (Allemagne-1993), grâce à Noureddine Morceli toujours qui a remporté une médaille d'or (1500 m) et Hassiba Boulmerka qui s'est adjugée le bronze du 1500 m.

A Göteborg (Suède-1995) lors des championnats du Monde, le duo Morceli-Boulmerka a réussi à monter encore une fois sur la première marche du podium sur la distance du 1500 m.

Morceli peut se targuer d’être triple champion du monde (1991, 1993, 1995) et champion du monde en salle en 1991.

Durant sa carrière, il a amélioré cinq records mondiaux en plein air et deux en salle.

En 1997, aux Mondiaux d'Athènes (Grèce), les représentants algériens qui étaient en lice n'avaient pu décrocher la moindre médaille.

Deux ans plus tard, l'Algérie a récolté aux championnats du Monde de Séville (Espagne), une seule médaille de bronze grâce à Aïssa Djabir Saïd-Guerni (800 m).

Il convient de souligner que l'athlétisme algérien a connu ses années de gloire en particulier entre 1990 et 2000.

Les résultats obtenus dans les années 1990 dans les différentes éditions des championnats du Monde restent les meilleurs réalisés jusque-là, par les athlètes algériens.

Contrairement à la tradition qui faisait de cette discipline le porte-flambeau du sport national, après les résultats réalisés dans les années précédentes, l'athlétisme algérien a été sérieusement ébranlé en 2001 par la déconfiture enregistrée aux championnats du Monde d'Edmonton (Canada) avec cette suspension d'Ali Saidi-Sief, le seul médaillé algérien de ces joutes (argent au 5.000 m), pour dopage.

Cette sortie ratée au rendez-vous canadien, où l'Algérie a obtenu son plus mauvais résultat depuis l'édition de 1991, a confirmé la baisse de régime constatée, notamment après les retraites des deux champions d'exception que furent les champions du monde et olympiques Noureddine Morceli et Hassiba Boulmerka.

A Edmonton, la sélection nationale avec sa pléiade d'athlètes de dimension mondiale, a fortement déçu les Algériens, habitués dans les années 1990 à entendre l'hymne national retentir dans les arènes mondiales.

En 2003 à Paris, l'Algérie renoue avec la consécration mondiale, grâce à Aïssa Djabir Saïd-Guerni qui a remporté la médaille d'or sur 800 m.

Mais les athlètes algériens n'ont pu continuer sur la lancée de Paris, car depuis 2005 à Helsinki (Finlande) et jusqu'à l'édition 2013 de Moscou (Russie), le palmarès de l'athlétisme algérien est resté vierge.

Pour le rendez-vous de Pékin, l'espoir de médailles de l'Algérie repose sur Taoufik Makhloufi qui prendra part aux Championnats du monde avec l'objectif d'arracher une place sur le podium.

Pour les autres athlètes, les prévisions sont à la limite de la moyenne et il ne faut pas s'attendre à un coup d'éclat, puisque les représentants algériens ambitionnent, seulement d'«arracher deux ou trois places en finales». Aux Mondiaux-2015, l'Algérie sera représentée par 14 athlètes.