Grèce : Le Parlement allemand devait approuver hier le troisième plan d'aide

Publié par DK News le 19-08-2015, 21h40 | 27

Les députés allemands devaient approuver hier le troisième plan d'aide à la Grèce qui pourrait atteindre 86 milliards d'euros sur trois ans.

La chancelière Angela Merkel, chef des conservateurs n'a finalement pas pris la tête de la défense de ce plan, laissant son ministre des Finances, Wolfgang Schauble, appeler les élus à approuver ce programme pouvant atteindre 86 milliards d'euros sur trois ans.

«Au regard du fait que le parlement grec a déjà adopté une grosse partie des mesures (de réformes), il serait irresponsable de ne pas utiliser cette chance pour un nouveau départ en Grèce», a martelé le ministre, considéré comme le tenant d'une ligne extrêmement dure vis-à-vis d'Athènes.

M. Schauble a concédé qu'il «n'y a pas de garanties» de succès, mais qu'avec l'adoption du plan, la balle sera dans le camp grec.

«Si la Grèce fait face à ses responsabilités, et si le programme est mis en oeuvre de manière complète et résolue, alors l'économie grecque pourra croître dans les prochaines années», a-t-il dit peu après le début de la séance dans la matinée.

Il a aussi souligné que le Premier ministre grec Alexis Tsipras devait certes «faire l'inverse de ce qu'il a promis» à son électorat, mais que les réformes imposées avaient fonctionné en Irlande, en Espagne, au Portugal et à Chypre.

Aux Pays-Bas aussi, les députés doivent voter mercredi ce plan d'aide et le Premier ministre Mark Rutte pourrait faire face à une motion de censure.

L'adoption de ce plan est nécessaire pour que la Grèce puisse rembourser jeudi 3,4 milliards d'euros à la Banque centrale européenne.

Les 631 élus du Bundestag avaient déjà approuvé le 17 juillet le lancement de négociations sur ce troisième programme d'aide.

Le oui des élus ne fait aucun doute, la «grande coalition» réunissant les sociaux-démocrates (SPD) et les Unions chrétiennes (CDU d'Angela Merkel et son alliée bavaroise CSU) disposant de 504 sièges sur 631.

Mais si le SPD soutient le texte tout comme une partie de l'opposition, la grogne monte dans les rangs conservateurs, malgré les sacrifices imposés aux Grecs.

Lors d'un vote blanc mardi, le groupe CDU-CSU a comptabilisé 56 «non».

Le 17 juillet, 60 de ces 311 députés s'étaient opposés à la position de la chancelière contre 29 en février.

Pour rassembler les troupes, le secrétaire général de la CDU, Peter Tauber, a jugé que voter contre «reviendrait à poignarder dans le dos la chancelière», dont la popularité reste au zénith et à qui nombre d'analystes accordent déjà un quatrième mandat à l'issue des législatives de 2017.

 

Il serait «irresponsable» de ne pas aider la Grèce

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schauble a jugé mercredi qu'il serait «irresponsable» que les députés allemands rejettent le plan d'aide à la Grèce, défendant devant le Bundestag ce troisième programme censé sortir Athènes de l'ornière.

«Au regard du fait que le parlement grec a déjà adopté une grosse partie des mesures (de réformes), il serait irresponsable de ne pas utiliser cette chance pour un nouveau départ en Grèce», a martelé le ministre, considéré comme le tenant d'une ligne extrêmement dure vis-à-vis d'Athènes. Les députés allemands devraient en grande majorité suivre l'avis du gouvernement, comme ils l'ont fait à chaque vote sur la Grèce, et ce malgré une montée des voix contre dans le parti conservateur CDU de la chancelière Angela Merkel.

Insistant sur le fait que ce nouveau programme, pouvant apporter quelque 86 milliards d'euros à la Grèce en différents versements, était soumis à des conditions que la Grèce doit remplir, ce qui sera régulièrement vérifié, Wolfgang Schauble a expliqué que le but des nombreuses réformes demandées était «que la Grèce se remette économiquement debout sur ses propres jambes le plus vite possible». Le ministre allemand a réaffirmé être «tout à fait confiant» dans le fait que le Fonds monétaire international (FMI) s'associerait finalement à ce plan en octobre, si les conditions sont remplies. L'institution internationale, qui avait participé aux deux premiers programmes d'aides à la Grèce, réclame un allègement «significatif» du poids de la dette grecque.

L'Allemagne est opposée à tout effacement pur et simple d'une partie des créances, mais est en revanche prête à jouer sur les taux d'intérêt et les maturités des créances, ce qui toutefois laisse une marge de manoeuvre «limitée», a reconnu Wolfgang Schauble.

«Une participation du FMI, également financière, est indispensable», a insisté le ministre.

 

L'agence Fitch relève d'un cran la note de la dette de la Grèce

L'agence de notation financière Fitch a relevé mardi d'un cran la note de la dette de la Grèce après l'accord conclu entre Athènes et les institutions européennes accordant un troisième plan d'aide.

Fitch a relevé à «CCC» au lieu de «CC» la note de la dette à long terme de la Grèce, estimant que l'accord du 14 août a réduit «le risque d'un défaut de la Grèce sur ses obligations au secteur privé».

Ce plan d'aide assorti d'un programme de réformes et qui prévoit le versement d'une première tranche de plus de 20 milliards d'euros «dès cette semaine», «devrait soulager la tension qui pesait ces derniers mois sur les liquidités et couvrir le remboursement de 3,2 milliards d'euros dus le 20 août» à la Banque centrale européenne, écrit l'agence de notation.

Elle souligne néanmoins que «les risques que le programme échoue demeurent élevés».

«Il faudra du temps pour restaurer la confiance entre la Grèce et ses créanciers», estime Fitch ajoutant aussi que «la situation politique grecque demeure imprévisible».