L'ancienne «Première dame» du régime meurtrier cambodgien des Khmers rouges, Ieng Thirith, est décédée hier, a annoncé le tribunal de Phnom Penh parrainé par l'ONU, devant lequel elle avait été poursuivie pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
«L'accusée est décédée samedi à environ 03H30 GMT à Pailin au Cambodge», a précisé le tribunal.
Son procès avait été suspendu car la cour l'avait considérée inapte à être jugée pour cause de démence en 2012.
La suspension de la procédure engagée contre elle, qui était l'une des rares cadres à être poursuivie devant un tribunal pour les atrocités commises pendant la période des Khmers rouges, a été un coup dur pour beaucoup de ceux qui ont survécu au régime.
Au pouvoir de 1975 à 1979, les Khmers rouges, dirigés par Pol Pot, «Frère numéro un», ont éliminé, au nom d'une utopie marxiste, quelque deux millions de Cambodgiens, soit environ un quart de la population, morts d'épuisement, de famine, de maladie ou de tortures et d'exécutions.
«Elle est restée sous contrôle judiciaire jusqu'à sa mort», a ajouté la cour dans son communiqué.
Ieng Thirith était la veuve de Ieng Sary, ministre des Affaires étrangères du régime et décédé en mars 2014. Elle fut elle-même ministre des Affaires sociales.
Elle était également la belle-soeur de Pol Pot.