Conflit en Ukraine : Un sommet à trois lundi à Berlin, sans Poutine

Publié par DK News le 23-08-2015, 00h27 | 22

La chancelière allemande Angela Merkel accueille lundi à Berlin les présidents français et ukrainien, en l'absence notable de leur homologue russe Vladimir Poutine, pour élaborer une stratégie après un nouveau regain de violence dans l'est rebelle de l'Ukraine.

«Nous devons coordonner nos actions», avait déclaré cette semaine le président ukrainien Petro Porochenko alors que le processus de paix, concernant notamment le retrait des armes de la ligne du front, semble irrémédiablement bloqué.

Lundi, la tension est même encore montée d'un cran quand Kiev et les séparatistes ont annoncé la mort de dix personnes, dont huit civils, tout en faisant état de bombardements très intenses.

Suite à ce regain de violences, Kiev cherche à élaborer un plan d'action avec ses alliés européens pour se préparer à une éventuelle dégradation sur le terrain, selon une source diplomatique ukrainienne haut placée, citée par l'AFP.

«Il est évident que les Russes ne changent pas leur comportement malgré toute la pression» de l'Occident, précise cette source, évoquant les lourdes sanctions économiques imposées à Moscou l'an passé.

«D'où la question : quelles sont les lignes rouges qu'ils doivent dépasser» pour que de nouvelles sanctions soient introduites, ajoute-t-elle.

L'Union européenne et l'ONU, Kiev et les Etats-Unis mettant en cause la Russie, accusée de soutenir militairement les rebelles et d'avoir déployé ses troupes en Ukraine.

Moscou, qui rejette toute implication militaire dans ce conflit, a pour sa part accusé le gouvernement ukrainien de préparer une offensive contre les séparatistes.

Lundi, le président Porochenko rencontrera François Hollande et Mme Merkel pour la première fois depuis leur marathon de Minsk en février, quand des négociations de 17 heures avaient abouti à la signature des accords de paix de Minsk 2.

Ceux-ci avaient permis d'instaurer une trêve plus ou moins respectée dans un conflit ayant tué 6.800 personnes en 16 mois, dont 1.500 depuis la signature de ces accords.

Mais l'homme fort de la Russie, présent à Minsk, n'a pas été convié à Berlin lundi.

Si l'Allemagne n'a fourni aucune explication officielle sur le sujet, Kiev veut présenter l'absence du président russe comme un «signal très important à Poutine et à l'audience occidentale: la France et l'Allemagne sont dans le même bateau que nous» et «sont prêtes à communiquer sans lui», soutient la même source diplomatique ukrainienne.

Nettement moins catégorique, Paris assure qu'il s'agit seulement d'«une réponse très pragmatique», à la demande du président ukrainien.

«Ce n'est pas une formation à trois destinée à organiser une quelconque bataille diplomatique contre la Russie», fait valoir une source diplomatique française.

Une nouveau sommet «à quatre» avec la participation de M. Poutine, dans le format dit «de Normandie», devrait suivre prochainement, ajoute cette source qui minimise la gravité de la récente escalade de violence.

«C'est plutôt une forme de test (...) Nous ne sommes pas à la veille d'une opération de grande ampleur», estime-t-elle.

Berlin semble en revanche plus préoccupé.

«La situation est extrêmement dangereuse (...) Chaque tir intensifie l'escalade et rend la situation moins stable», a ainsi affirmé vendredi le porte-parole de la diplomatie allemande, Sebastian Fischer.