Le «poumon vert de Beitlehem» défiguré par le mur de l'apartheid érigé par Israël autour d'El Qods

Publié par DK News le 24-08-2015, 00h12 | 52

Les travaux controversés du mur de l'apartheid, un mur de séparation érigé par Israël autour d'El Qods occupée et qui passe en Cisjordanie, ont repris la semaine dernière, défigurant la vallée de Crémisan, le «poumon vert» de Beitlehem, en y déracinant des oliviers millénaires, ont rapporté des médias.

La tension monte depuis quelques jours à Beit Jala, un petit village chrétien jouxtant Beitlehem au vu de protestations des habitants et de fastidieuses procédures entamées devant la Cour suprême israélienne pour empêcher la construction de ce mur sur leurs terres.

Les autorités d'occupation israéliennes ont repris les travaux en vue de la construction d’un nouveau tronçon de ce mur de séparation prévu sur 732 km de long et serpentant en Cisjordanie et autour d'El Qods.

Le 17 août, des bulldozers israéliens ont commencé à défigurer la vallée de Crémisan, le «poumon vert» de Beitlehem, en y déracinant des oliviers millénaires aux premières heures du matin.  Deux jours plus tard, des habitants des villages voisins ont tenté de les en empêcher sur le site.

Mais les forces d'occupation israéliennes les ont expulsés manu militari et les Palestiniens «ont écopé de coups de crosse», ont précisé les médias.

 

Mur achevé aux deux tiers

Il y a quelques années, la construction du mur de séparation déchaînait des polémiques internationales et des violences sur le terrain.

Le gouvernement d'alors dirigé par Ariel Sharon, qui avait initié le projet en 2002 avait été sommé de se justifier alors que la deuxième Intifadha palestinienne battait son plein.

Quant à l’Autorité palestinienne, elle dénoncait une «politique israélienne d’apartheid visant à enfermer notre population dans des bantoustans [territoires attribués à des citoyens de seconde classe, à l'instar des Noirs pendant l'apartheid en Afrique du Sud, ndlr]».

Treize ans plus tard, le mur de l'apartheid tel que dénoncé par les Palestiniens, bien que déclaré illégal en 2004 par la Cour internationale de justice, est toujours en place. Il est achevé aux deux tiers et tout porte à croire qu’il ne disparaîtra pas de sitôt, puisque les travaux s'accélèrent.

 

La justice freine

Même s’il reçoivent régulièrement la visite des consuls généraux européens en poste à El Qods ainsi que des délégations de l’Union européenne venues leur apporter leur soutien, les agriculteurs palestiniens de Beit Jala et des villages voisins ne disposent pas de beaucoup de moyens pour ralentir la progression du mur.

Faute de mieux, ils organisent chaque vendredi des protestations au milieu des oliviers en attendant les décisions de la justice israélienne.

En janvier dernier, la Cour suprême d’Israël a en quelque sorte donné raison aux habitants de Battir, un village palestinien apprécié des archéologues pour ses systèmes d’agriculture en terrasses et d’irrigation, vieux de deux mille ans : ils refusaient de voir défigurer ce site unique par une muraille bétonnée de huit mètres de hauteur.

La justice a seulement ordonné au «ministère de la Défense» israélien de dévier le parcours du chantier.

 

Polémique autour des vignes

Trois mois plus tard, au terme d’une bataille juridique de dix ans, les habitants de Beit Jala et des autres villages palestiniens jouxtant Beitlehem auraient également dû obtenir gain de cause, lorsque la même Cour a ordonné la sauvegarde de la vallée de Crémisan.

Or Israël n’a jamais renoncé à son plan qui, à l’origine, prévoyait que la- dite «barrière de sécurité» par l'occupant israélien écraserait tout sur son passage, afin de protéger «Gilo», un «nouveau quartier juif» d'El Qods érigé sur des terres palestiniennes confisquées peu après la guerre des Six Jours (juin 1967), ainsi que d’autres colonies.

Dans ce cadre, les agriculteurs palestiniens auraient été coupés de leur couvent et du monastère salésiens, deux institutions centenaires qui font partie de leur vie quotidienne et constituent leur principal moyen de subsistance.

Soutenus par le Vatican, par les plus hautes autorités ecclésiastiques en poste à El Qods, et par des ONG chrétiennes, les Palestiniens de Beit Jala et des environs n’ont jamais baissé les bras.