L'Assemblée nationale de Guinée-Bissau a condamné samedi la nomination du nouveau Premier ministre Baciro Dja et se réunira aujourd’hui en session extraordinaire pour analyser la situation politique du pays.
La commission permanente de l'Assemblée nationale «condamne avec véhémence» la décision du président José Mario Vaz de nommer un Premier ministre «qui n'a pas été proposé par le parti qui a gagné les dernières législatives», le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, pouvoir), selon un communiqué signé par le président de l'Assemblée, Cipriano Cassama.
La commission a décidé de convoquer une session parlementaire extraordinaire, qui aura lieu aujourd’hui.
«Le débat aura un caractère d'urgence, la situation du pays l'oblige, malgré le fait que les députés soient en vacances», a déclaré M. Cassama, à l'issue d'une réunion avec le bureau permanent du Parlement.
La rencontre a été élargie aux leaders des partis siégeant à l'Assemblée.
Le 12 août, M. Vaz - élu en mai 2014 - avait limogé Domingos Simoes Pereira, en poste depuis 14 mois, en arguant d'une «crise de confiance au sommet de l'Etat».
Il avait ensuite nommé jeudi M. Dja, 39 ans, qui avait été investi dans la foulée.
Selon leurs entourages, MM. Vaz et Pereira ne s'entendaient pas depuis plusieurs mois sur la manière de diriger le pays, dont la Constitution stipule que le poste de Premier ministre revient au chef du parti vainqueur des législatives.
Le PAIGC ayant obtenu la majorité en 2014 aux élections parlementaires - avec 57 députés sur 102 -, ces fonctions devraient donc être assumées par son président, M. Pereira, soulignent analystes et responsables politiques. En nommant Baciro Dja, M. Vaz a, de fait, rejeté la proposition du PAIGC de reconduire Domingos Simoes Pereira à son poste.
Cette nomination a été refusée par le parti, un de ses responsables la qualifiant de «coup d'Etat constitutionnel».