La sélection algérienne de boxe (seniors messieurs), avec sept médailles (4 or, 2 argent et 1 bronze), a perdu son titre africain au profit du Maroc, à l’issue des finales du 19e Championnat d’Afrique de boxe qui a pris fin dimanche au Complexe sportif Mohamed V de Casablanca (Maroc).
La sélection algérienne masculine de boxe termine ainsi l’aventure de Casablanca comme vice-championne d’Afrique derrière le Maroc, pays organisateur, qui a remporté cette édition avec huit médailles (5 or, 2 argent et 1 bronze).
Les médailles d’or algériennes sont l’oeuvre de Mohamed Flissi (52 Kg), Reda Benbaaziz (60 Kg), Abdelkader Chadi (64 Kg), Abdelhafid Benchebla (81 Kg). Chouaib Bouloudinat (91 Kg) et Mohamed Grimes (+91 Kg) remportent l’argent, alors que la médaille de bronze est revenue à Litim Khalil (56 Kg).
Le public présent au Complexe sportif Mohamed V a dû attendre les deux derniers combats de la soirée pour connaître le nom du vainqueur de cette 19e édition dont le duel algéro-marocain a fait sensation jusqu’au dernier round de cette dernière journée des finales.
Après avoir remporté les quatre premières médailles d’or, grâce à Mohamed Flissi (52 Kg), Reda Benbaaziz (60 Kg), Abdelkader Chadi (64 Kg) et Abdelhafid Benchebla (81 Kg), la moisson algérienne s’est arrêtée dans les deux derniers duels face aux Marocains.
L’arbitrage prive l’Algérie du titre africain
En arrivant au huitième round qui a opposé Chouaib Bouloudinat au Marocain Abouhamada Abdeljalil, l’Algérie comptait quatre médailles d’or contre trois pour le Maroc. Une victoire de Bouloudinat allait donner la cinquième médaille d’or, synonyme de titre africain. «Aujourd’hui, nous avons assisté à un scénario purement monté par les arbitres présents à cette édition qui ont privé Chouaib Bouloudinat d’une victoire réelle. Il menait largement son combat face au Marocain, mais les juges-arbitres en ont décidé autrement», a déclaré à l’APS, Rabah Hamadache. Dans le dernier duel de cette journée des finales, Mohamed Grimes (+91 Kg) a perdu face au Marocain Mohamed Arjaoui. L’Algérien, un boxeur très talentueux et intelligent sur le ring, a dominé son adversaire dans les deux premiers rounds, avec des coups nets et précis. «Nous avons également été surpris par la décision des juges-arbitres à la fin du combat de Grimes qui a montré toutes ses qualités de puncheur devant un boxeur marocain méconnaissable. Au départ de cette édition, je craignais l’arbitrage, finalement j’avais raison», a ajouté Hamadache. Pour ce Championnat d’Afrique de boxe, six algériens sont qualifiés pour les Championnats du monde, prévus du 8 au 18 octobre à Doha (Qatar) qui sont, à leur tour, qualificatifs aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro au Brésil 2016. Il s’agit de Mohamed Flissi (52 Kg), de Reda Benbaaziz (60 Kg), d’Abdelkader Chadi (64 Kg), d’Abdelhafid Benchebla (81 Kg), de Chouaib Bouloudinat (91 Kg) et de Mohamed Grimes (+91 Kg).
Niveau «très élevé» à Casablanca, selon les techniciens
Le niveau technique des Championnats d'Afrique-2015 de boxe (seniors messieurs), disputés du 18 au 23 août au Complexe sportif Mohamed V de Casablanca (Maroc), était «très élevé», selon les techniciens des différentes sélections africaines présentes.
Ce niveau «très élevé» s'explique par les enjeux de cette édition, qualificative aux Championnats du monde de Doha (Qatar), estiment des responsables de différentes délégations qui ont constaté tout de même une «nette» amélioration par rapport aux précédentes éditions.
La participation des meilleurs pugilistes africains ayant une expérience dans le cadre de la World Series of Boxing (WSB) ou bien de l’AIBA Pro Boxing (APB), s'est reflétée positivement sur le niveau général de la compétition et a permis au public de suivre des combats de grande qualité sur le plan technique.
L’entraîneur en chef de la sélection algérienne, Merchoud Behous, a été le premier à reconnaître le bon niveau atteint par le noble art africain, tout en indiquant qu'il s'attendait à cette performance des boxeurs vu le «grand potentiel» que recèle le réservoir de la boxe africaine.
De son côté, l’entraîneur tunisien, Hamadi El-Chergui, a voulu d’abord faire l'éloge des boxeurs algériens qui continuent de progresser et qui seront, aux côtés des boxeurs tunisiens, égyptiens et marocains, les «dignes représentants» de la boxe africaine aux Mondiaux de Doha.
L’avis technique de Basile Judex, l'entraîneur de l'équipe de Maurice, va dans le même sens en indiquant qu'il s'est régalé devant les prestations fournies par les pugilistes africains, estimant que le rendez-vous de Casablanca a réuni la crème de la boxe africaine.
«Nous avons relevé une nette domination des équipes nord-africaines, notamment les Algériens qui arrivent toujours à jouer le titre, et l’émergence de pays comme l’Ouganda et le Ghana. Par contre, le niveau des boxeurs mauriciens a beaucoup régressé par rapport à l’édition de Yaoundé en 2011», a-t-il ajouté.
Pour sa part, le coach de l'équipe égyptienne, Saïd Mohamed El-Sayed, considère que le «niveau général a été bon dans l'ensemble, notamment l’Egypte qui a placé quatre boxeurs en finales. «Les joutes de Casablanca m’ont permis de constater les énormes progrès réalisés par la boxe africaine, en attendant de situer son véritable niveau sur le plan mondial», a-t-il dit.
Pour le Directeur technique national algérien (DTN), Mourad Meziane, à l’exception de quelques nations bien organisées, notamment en Afrique du Nord, les autres pays africains rencontrent de nombreux obstacles sur leur chemin.
«Les entraîneurs africains manquent de recyclage dans leur pays, ce qui a conduit à la régression de la boxe dans certains pays considérés par le passé comme des bastions de grands champions, à l’instar du Nigeria, du Cameroun et du Ghana», a-t-il dit.
Pour Mourad Meziane, la domination des pays nord-africains était attendue, dans la mesure où le rendez-vous de Casablanca a été qualificatif aux Championnats du monde de Doha au Qatar (8-18 octobre), «où nous allons retrouver des boxeurs qui feront honneur au continent africain».