Le président ukrainien Petro Porochenko a accusé lundi la Russie d'avoir envoyé trois «gros convois militaires» dans l'Est séparatiste, quelques heures avant un sommet à Berlin avec ses homologues allemand et français sur la crise ukrainienne.
«Cette semaine, trois gros convois militaires ont traversé notre frontière en direction de Lougansk, Donetsk (capitales des régions rebelles, ndlr) et Debaltseve (noeud stratégique reliant les deux capitales, ndlr)», a déclaré M. Porochenko à l'occasion d'une marche militaire dans le centre de Kiev pour le 24e anniversaire de l'indépendance de l'Ukraine.
«Moscou a fourni aux rebelles jusqu'à 500 chars, 400 systèmes d'artillerie et 950 véhicules blindés», a également indiqué le chef de l'Etat ukrainien sans préciser sur quelle période.
La Russie «n'a toujours pas renoncé à l'idée d'une intervention directe ou à un assaut des rebelles à l'intérieur du pays» en dépit des sanctions occidentales qui «portent un coup dur à l'économie russe», a lancé le président ukrainien.
Selon lui, 50.000 soldats russes sont déployés à la frontière de l'Ukraine et 9.000 responsables militaires russes font partie des 40.000 hommes qui font face aux forces ukrainiennes dans l'Est séparatiste.
Kiev et les Occidentaux accusent la Russie d'armer les rebelles de l'Est et d'y avoir déployé des troupes régulières, ce que Moscou dément catégoriquement. Plus de 6.800 personnes, principalement des civils, ont péri depuis le début du conflit entre le nouveau gouvernement à Kiev, installé après la destitution de l'ancien président Victor Ianoukovytch le 22 février 2014, et les rebelles séparatistes dans l'est du pays. Pour M. Porochenko, dans l'année à venir, l'Ukraine va être comme une personne qui doit «marcher sur une fine couche de glace où chaque pas imprudent pourrait devenir fatal».
«La guerre pour l'Indépendance dure toujours et on ne peut la vaincre qu'en réunissant les efforts militaires, le talent diplomatique, la responsabilité politique et une patience de fer», a-t-il conclu.