Liban : La crise des ordures s'aggrave, des dizaines de blessés depuis samedi

Publié par DK News le 24-08-2015, 23h28 | 33

Des dizaines de personnes ont été blessées à Beyrouth lors des affrontements entre la police et des manifestants qui dénoncent l'impéritie du gouvernement à trouver une issue à la crise des ordures ménagères qui envahissent les rues depuis des semaines au moment où le Liban est sans président depuis plus d'un an. Les heurts ont fait samedi au moins 16 blessés.

Le lendemain, de nouvelles violences ont eu lieu en fin de journée lors d'un rassemblement similaire.

Selon le secrétaire général de la Croix-Rouge, Georges Kétané, 43 manifestants ont été hospitalisés pour suffocation ou fractures.

Deux cents autres ont été incommodés et pris en charge sur place.

Par ailleurs, 30 membres des forces de l'ordre ont été blessés, dont un grièvement, selon une source de sécurité.

La crise des ordures a été déclenchée dans le centre de Beyrouth par quelque 200 jeunes, dont certains avaient le visage couvert.  Ils ont jeté des projectiles --pierres et bouteilles remplies de sable-- sur les forces de l'ordre.

La police a alors fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes.  Des tirs ont également été entendus.

Face à cette crise, le Premier ministre Tammam Salam avait appelé dimanche, au calme et tendu la main aux manifestants.

«Je suis disposé à vous écouter et à m'asseoir avec vous», avait-il lancé lors d'une conférence de presse.

M. Salam a reconnu que le problème des ordures était la goutte d'eau ayant fait débordé la colère de l'opinion.

«Mais la question est beaucoup plus importante que cette goutte d'eau.  C'est la question des ordures politiques dans ce pays», a lancé le Premier ministre.

Il a appelé le Conseil des ministres à se réunir rapidement pour trouver une solution à la crise, dénonçant les divisions politiques paralysant les institutions.

Pour la première fois depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), le Liban est sans chef de l'Etat depuis plus d'un an.  Le Parlement est paralysé par les divisions, elles-mêmes exacerbées par les dissensions sur la crise en Syrie.