8e Festival international de musique diwan : Immersion dans l'univers du n'goni

Publié par DK News le 27-08-2015, 00h47 | 22

Un spectacle empreint d’originalité, d’authenticité et de spiritualité, un voyage à travers quelques musiques ancestrales africaines, a été proposé dans la soirée de mardi au public algérois lors d’un concert animé par la troupe «Diwan El Bahia» (Oran) et l’orchestre traditionnel malien «Bassekou Kouyaté & N’goni Ba».

Se produisant lors du 8e Festival international de musique diwan qui se tient à Alger depuis samedi, «Diwan El Bahia», dernier lauréat de l’édition 2015 du festival national tenu à Bechar en juin dernier a séduit le public du théâtre de verdure Saïd Mekbel par une prestation musicale rythmée et l’originalité de son jeu de scène et des costumes des membres.

Avec un répertoire entraînant et un jeu de scène et des chorégraphies dynamiques, cette troupe a réussi à trouver un juste équilibre entre le spectacle scénique et une musique traditionnelle en mettant l’accent sur les étendards et les couleurs des costumes confectionnés par le chef de troupe. En seconde partie de soirée une immersion dans la musique traditionnelle du Sahel, une des régions qui ont le plus inspiré le diwan, était proposée au public du théâtre, à moitié plein, par le griot (dépositaire de la mémoire collective) et musicien malien Bassekou Kouyaté et sa troupe «N’goni Ba». Composé de plusieurs types de n’goni différents (instrument traditionnel à corde) d’une calebasse en guise de batterie et d’une Tama (percussion) ce groupe familial a ébloui le public d’Alger en produisant un spectacle contemporain allant de l’Assouf au rock en passant par le répertoire «Bambara» de la lignée des griots et par un blues africain qui n’a rien à envier au son américain ou européen.

Militant pour une promotion de ces instruments Bassekou Kouyaté, dont l’album a été nominé aux Grammy awards du meilleur album de musique traditionnelle en 2013, a démontré qu’il était possible de faire de la musique actuelle ou même jouer du raï, en reprenant Cheb Khaled, avec des instruments comme le N’goni -sous différentes formes-, tama et calebasse (percussion).

Ce musicien griot qui a ouvert une école d’apprentissage du n’goni au Mali, a lui-même modifié et électrifié les n’goni pour en obtenir le son d’une guitare électrique ou d’une basse en plus du son authentique.

Inauguré samedi, le 8e Festival international de musique diwan, où l’affluence du public reste toujours oscillante, se poursuivra jusqu'à aujourd’hui  au théâtre de verdure Saïd-Mekbel du Bois des arcades avec encore à l'affiche, «Lemma Becharia», «Ifrikya Spirit», (Mali), Richard Bona (Cameroun) «Malted Milk & Toni Green» (France-USA).