La Chine assouplit sa politique monétaire et stabilise le yuan

Publié par DK News le 27-08-2015, 02h19 | 22

La banque centrale chinoise (PBOC) a abaissé mardi ses taux d'intérêt, pour la cinquième fois depuis novembre, tout en réduisant les ratios de réserves obligatoires des banques, des mesures de soutien à l'activité économique après deux jours de chute des marchés boursiers locaux.

Depuis hier, le taux de prêts à un an tout comme le taux des dépôts à un an seront abaissés de 25 points de base et ramenés respectivement à 4,60% et 1,75%, a indiqué l'institution sur son site internet.

Simultanément, la banque centrale va abaisser de 50 points de base les ratios des réserves obligatoires imposés à certains établissements financiers, une mesure censée leur permettre de prêter davantage.

Confrontée au vif ralentissement de la deuxième économie mondiale, la PBOC a multiplié depuis fin 2014 les assouplissements monétaires et les injections de liquidités pour stimuler l'activité.

Mais avec des effets en demi-teinte: les annonces de mardi interviennent alors que s'avivent les inquiétudes concernant la conjoncture chinoise et que se succèdent les indicateurs décevants (chute des exportations, violente contraction de l'activité manufacturière en août...). Plus encore, la PBOC semble intervenir en réaction à la récente débâcle des marchés financiers chinois.

La Bourse de Shanghai a plongé de 7,63% mardi, après s'être déjà effondrée lundi de presque 8,5% -sa plus forte baisse journalière en huit ans- dans un climat d'affolement général. Les marchés mondiaux avaient décroché lundi de concert, plombés par les inquiétudes concernant la Chine.

De son côté, le Premier ministre chinois Li Keqiang a affirmé mardi qu'il n'y avait aucune raison de dévaluer davantage le yuan et que la stabilité du cours de la monnaie chinoise serait assurée, a rapporté l'agence Chine nouvelle.

Le taux de change sera maintenu «stable dans l'ensemble à un niveau adapté et équilibré», a indiqué Li Keqiang lors d'un entretien avec le vice-Premier ministre kazakh Bakytzhan Sagintayev, en visite à Pékin. La banque centrale de Chine (PBOC) avait surpris les marchés mondiaux le 11 août en dévaluant sa monnaie de près de 2%.

Elle s'était soigneusement gardée de parler de dévaluation, expliquant avoir simplement modifié sa façon de calculer le taux de référence du yuan pour prendre davantage en compte la clôture de la veille sur le marché des changes, l'offre et la demande, et les cours des grandes devises.

La Chine continue d'encadrer étroitement la convertibilité du yuan, celui-ci ne pouvant fluctuer que dans une fourchette quotidienne de 2% de part et d'autre du taux-pivot déterminé par la PBOC.

Cette soudaine dévaluation a été largement perçue comme un effort de Pékin pour revigorer son commerce extérieur et stimuler une activité en plein ralentissement, et a intensifié brusquement les inquiétudes sur la santé vacillante de l'économie chinoise.

Le Premier ministre a justifié mardi ce geste comme une «réponse appropriée» aux fluctuations des marchés financiers internationaux, a encore rapporté l'agence officielle chinoise. «De tels ajustements font aussi partie des efforts de réforme entamés par la Chine», a-t-il précisé.

La dévaluation du yuan avait entraîné dans son sillage la baisse de plusieurs monnaies de pays émergents.

La Chine a enregistré au deuxième trimestre une croissance économique de 7%, stable par rapport au premier trimestre et conforme à l'objectif annuel que s'est fixé le gouvernement. Mais de l'avis général, même cet objectif de croissance pourrait s'avérer difficile à atteindre, à moins de mesures de soutien accrues et fortes de la part des autorités.