Migrations clandestines/Ban Ki-moon : il faut «faire beaucoup plus pour venir à bout de la crise»

Publié par DK News le 27-08-2015, 22h54 | 26

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a invité mercredi à Paris «les pays, en Europe et ailleurs, à faire preuve de compassion et à faire beaucoup plus pour venir à bout de la crise» des migrants.

S'adressant à la presse à Paris et au ministère français des Affaires étrangères, il a estimé que les milliers de migrants «entreprennent des voyages périlleux.

Ils ne devraient pas, à l'arrivée, rencontrer de nouvelles épreuves».

«Il y a aujourd'hui plus de personnes déplacées qu'il n'y en a jamais eu depuis la Seconde Guerre mondiale», a-t-il poursuivi. «En Syrie et ailleurs, des millions de gens fuient la violence et la persécution. 

D'autres tentent d'échapper à la pauvreté et cherchent des moyens de vivre dans la dignité».

«Je félicite les pays qui manifestent leur solidarité et j'invite les autres, en Europe et ailleurs, à faire preuve de compassion et à faire beaucoup plus pour venir à bout de cette crise», a-t-il lancé. «Par notre intervention, nous devons sauver des vies, lutter contre la traite et la discrimination, apporter des solutions juridiques, examiner les causes profondes des problèmes et défendre les droits de l'Homme», a ajouté le chef de l'ONU, en visite de deux jours à Paris et qui avait rencontré mardi le président François Hollande.

 

L'ONU appelle à créer d'urgence des «hotspots»

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a appelé mercredi à créer d'urgence des «hotspots» (centres d'accueil et de tri) face à l'afflux de migrants et réfugiés en Europe.

«Il nous faut accélérer et intensifier les décisions prises par le Conseil européen en matière d'agenda pour les migrations: des questions essentielles comme la réception, l'enregistrement, les +hotspots+ (...), la relocalisation et la réinstallation», a déclaré le responsable du HCR, Antonio Guterres à Genève.

Un «hotspot» est un centre d'accueil et de tri financé par l'Union européenne, créé dans les pays d'arrivée pour enregistrer et identifier les migrants.

Un tri y est fait entre les personnes pouvant relever du statut de réfugié et les migrants économiques irréguliers, condamnés au retour.

Depuis le début de l'année, 293.000 migrants et réfugiés ont tenté d'arriver en Europe en passant par la Méditerranée, et 2.440 ont péri lors de ce voyage, selon des chiffres annoncés mercredi par M. Guterres.

«C'est évidemment un défi sérieux pour l'Europe», a-t-il dit, appelant à «agir rapidement et avec efficacité».

«C'est évident que l'Europe a la dimension et la capacité de répondre à ce défi, pourvu qu'elle soit unie et qu'elle assume conjointement cette responsabilité», a-t-il estimé.

Il a par ailleurs appelé la communauté internationale à faire preuve d'une plus grande générosité envers les réfugiés syriens, soulignant que l'appel de fonds de l'ONU en leur faveur n'était financé qu'à hauteur de 41% actuellement.

 

Afflux de migrants en Hongrie: nouveau record avec 3.241 arrivées mercredi

Les migrants ont continué d'affluer en Hongrie, membre de l'UE, depuis la frontière serbe et un nouveau record a été enregistré avec 3.241 arrivées mercredi, selon les chiffres annoncés par la police jeudi.

Parmi ces réfugiés, pour la plupart originaires de Syrie, d'Afghanistan ou du Pakistan, figurent près de 700 enfants.

La plupart ont franchi la frontière en empruntant la voie ferrée près du village de Roszke, une des seules zones où la clôture métallique érigée par la Hongrie ne s'élève pas encore.

Les arrivées de migrants se sont intensifiées avant la fin de la construction, le 31 août, de cette clôture le long de la frontière de 175 km avec la Serbie.

Une barrière de quatre mètres de haut est également en construction.

La Hongrie est confrontée à un afflux sans précédent de migrants avec plus de 140.000 arrivées depuis le début de l'année, soit plus du double du total de l'année 2014.

Pour faire face à l'afflux de migrants, le chef de la police a annoncé que plus de 2.100 policiers, des «chasseurs de la frontière» selon la terminologie officielle, allaient effectuer des patrouilles accompagnés de chiens, de chevaux et épaulés par des hélicoptères à partir de septembre.

Les effectifs supplémentaires effectueront des patrouilles le long de la frontière et renforceront les plus de 1.000 policiers qui travaillent régulièrement sur cette zone pour arrêter les migrants illégaux, a-t-il ajouté.

Dans le même temps, le parti au pouvoir, le Fidesz, veut demander au Parlement d'autoriser le déploiement de l'armée à la frontière avec la Serbie afin d'aider à contenir le flot de migrants, a annoncé mercredi un de ses responsables.

 

55 cadavres de migrants découverts à bord de trois embarcations en Méditerranée

55 cadavres de migrants ont été découverts mercredi en Méditerranée à bord de trois embarcations, dont 51 se trouvaient dans la cale de l'une d'elles, alors que 3.000 migrants ont été secourus, selon les gardes-côtes italiens.

De nombreux appels au secours sont parvenus au centre opérationnel des gardes-côtes à Rome, détaillent-ils dans un communiqué. Dix opérations de sauvetage ont été lancées pour récupérer des naufragés à bord d'embarcations ou de canots pneumatiques en difficulté, dans le canal de Sicile et non loin des côtes libyennes.  Le navire suédois Poseidon, engagé dans l'opération européenne Triton, est intervenu à deux reprises pour secourir respectivement 130 et 439 personnes à bord de deux barques.  Dans la cale de cette dernière barque, l'équipage suédois a retrouvé les cadavres de 51 personnes, dont les nationalités n'ont pas été révélées.

Les victimes seraient mortes asphyxiées par les émanations de gaz du moteur du petit bateau, selon des informations de presse non confirmées.

Le Fiorillo, bâtiment des garde-côtes, a par ailleurs secouru 113 immigrants sur un canot, dont l'un n'a pas survécu.

Deux vedettes des gardes-côtes venus de l'île de Lampedusa ont porté secours à 120 autres sur un autre canot pneumatique, dans lequel les cadavres de trois femmes ont été découverts.  Des bateaux de l'organisation maltaise MOAS et de l'ONG Médecins sans frontières (MSF) ont pris part aux secours, alors que des passeurs sans scrupule continuent à faire monter chaque jour sur des bateaux de fortune des migrants, notamment d'Afrique subsaharienne, qui fuient l'anarchie et les violences en Libye.

Ce n'est pas la première fois que des cadavres sont retrouvés à bord de bateaux, morts d'épuisement ou asphyxiés, après avoir été maltraités.

Le 15 août, la marine italienne avait découvert les cadavres de 49 migrants, morts asphyxiés dans la cale d'une barque de 13 mètres, où ils avaient été maintenus par les passeurs à coups de pieds et poings.

Par ailleurs, les corps de 45 des 740 victimes d'un bateau de pêche qui avait coulé le 18 avril dernier en Méditerranée ont été ensevelis dans un cimetière près de Catane, a indiqué la municipalité sicilienne.

 

Un navire suédois transportant des migrants va accoster en Sicile

Un navire des garde-côtes suédois, transportant des migrants récupérés sur des bateaux dérivant au large de la Libye, dont 52 morts, devait accoster à Palerme (Sicile) jeudi soir, selon les autorités suédoises.

«Il est attendu à Palerme aux alentours de 20h00 (18h00 GMT) ce soir» (jeudi soir), a déclaré Robert Primus, un responsable des garde-côtes.

Le Poséidon a secouru 130 personnes qui étaient à bord d'une embarcation pneumatique, ainsi que 442 à bord d'un bateau en bois, qui étaient en train de dériver dangereusement au large des côtes de la Libye jeudi.

Cinquante-deux personnes ont été retrouvées mortes dans la cale du bateau en bois. «Le navire a à son bord tous les survivants et les morts, et tous seront débarqués ce soir», a précisé Robert Primus. Le navire suédois était dans la zone dans le cadre de la mission de recherche et de secours connue sous le nom de «Triton», lancée par l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex.

Le Poséidon devrait quitter Palerme pour La Valette, capitale de Malte, plus tard jeudi, a déclaré M. Primus.

Plus de 2.300 migrants sont morts en mer cette année, en tentant de rejoindre l'Europe, presque toujours sur des bateaux surchargés affrétés par des passeurs.