L'armée du Yémen a intégré dans ses rangs 4.800 combattants de milices du sud du pays qui ont aidé à la reconquête d'Aden contre les rebelles chiites houthis, a annoncé hier un responsable militaire.
«Cette brigade compte 4.800 combattants dont des soldats et des officiers.
La plupart des recrues sont d'anciens membres de la milice «Mouvement de résistance populaire», loyale au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, en exil en Arabie saoudite, a précisé le colonel Fadel Mohammed Hassan.
Sur une base d'Aden (sud) où s'entraînent les miliciens devenus militaires, un panneau, placé sous les portraits de leaders des pays du Golfe, indique: «Recrutement terminé».
La majorité des recrues sont originaires d'Aden, la deuxième ville du pays, reprise à la mi-juillet aux rebelles avec l'appui aérien d'une coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite. Cette brigade a d'ailleurs été baptisée «Brigade décisive de Salmane» du nom du roi d'Arabie saoudite. Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, est déchiré depuis des mois par un conflit opposant les forces loyales au président Hadi aux rebelles houthis, des chiites originaires du nord, aidés par des unités de l'armée restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.
Les Houthis avaient lancé en juillet 2014 une offensive à partir de Saada, leur fief dans le nord, et se sont depuis emparés de la capitale Sanaa ainsi que de vastes secteurs du pays. Depuis le mois dernier, les forces pro-gouvernementales ont toutefois reconquis cinq provinces dans le sud du Yémen et les combats se poursuivent dans le centre du pays.
Le conflit a fait plus de 4.400 morts depuis mars, selon l'ONU.
Plus de 13 millions de Yéménites sont par ailleurs en situation d'insécurité alimentaire en raison du conflit, d'après le Programme alimentaire mondial.