Des partis politiques de l'opposition et des organisations de la société civile ont organisé, samedi après-midi, une marche de protestation pour exprimer leur rejet du projet de loi sur la réconciliation économique et financière, proposé par la présidence de la République, en dépit de la mise en garde du ministère de l'Intérieur contre une éventuelle infiltration d'éléments terroristes parmi les manifestants.
Plusieurs partis politiques ont participé à la manifestation, dont le mouvement Echaab, le parti républicain (Al-Joumhouri), l'Alliance démocratique, le Courant démocrate, Ettakattol et le Front populaire qui regroupe 11 partis de l'opposition, outre des organisations de jeunes.
Les manifestants scandaient des slogans hostiles aux projet de loi et à la coalition gouvernementale.
Un important dispositif sécuritaire a été déployé tôt samedi pour quadriller les accès à l'avenue Bourguiba et certaines rues adjacentes afin de prévenir une éventuelle menace terroriste.
Le gouvernement tunisien avait souligné jeudi dernier, dans un communiqué, que des renseignements faisant état de menaces terroristes ciblant des institutions et des établissements importants et visant à semer le désordre dans le pays, avaient motivé l'adoption de mesures préventives. Le projet de loi sur «la réconciliation économique et financière» qui prévoit l'amnistie de personnes poursuivies pour corruption en échange d'un remboursement et d'une pénalité financière, fait l'objet de vives critiques au sein de partis politiques et de la société civile.
Des manifestations contre le projet de loi ont eu lieu parallèlement dans les villes de Tozeur et Tataouine.
Dans des déclarations à la presse, le conseiller à la présidence de la République tunisienne, Mohamed Taieb el Ghozzi, a estimé que le projet de loi renfermait des avantages dans les volets politique et économique, car il encourage l'investissement et la relance économique.
Pour sa part, Samir Dilou, leader du mouvement Ennahdha, a expliqué la polémique suscitée autour du projet de loi controversé par un malentendu, exprimant le souci de son parti de veiller à la conformité de ce projet de loi avec la constitution.