Droits de l'Homme : La Turquie sévèrement critiquée par l'UE

Publié par DK News le 10-11-2015, 18h19 | 33

L'Union européenne (UE) a dénoncé une «tendance négative» pour l'état de droit en Turquie faisant état de «graves reculs» sur la liberté d'expression, dans son rapport annuel sur les progrès de ce pays vers une adhésion à l'UE.

Ce rapport «souligne la tendance générale négative pour le respect de l'état de droit et des droits fondamentaux», indique la Commission européenne mardi dans un communiqué.«Après plusieurs années de progrès sur la liberté d'expression, des graves reculs ont été observés sur les deux dernières années», déplore l'exécutif bruxellois, qui salue tout de même l'effort que représente l'accueil de deux millions de réfugiés syriens et irakiens en Turquie.

«Le nouveau gouvernement formé après l'élection anticipée du 1er novembre devra répondre à ces priorités urgentes», estime la Commission, dont le rapport devait initialement être publié dans la première quinzaine du mois d'octobre.

L'indispensable coopération turque pour la régulation du flux migratoire Visiblement le projet de l'adhésion de la Turquie à l'UE tant miroitée par les responsables européens risque de piétiner d'avantage et pour cause ce rapport annuel sur les progrès de ce pays vers une adhésion à l'UE est on ne peut plus défavorable.

Ce n'est pas la première fois, en effet que des critiques ont été proférées, à l'égard d'Ankara puisque le gouvernement turc a fermement rejeté il y a près d'une semaine les critiques internationales formulées sur les «atteintes à la liberté d'expression en Turquie» pendant la campagne des élections législatives.

«Il n'y a pas de pressions sur les médias. Personne n'est forcé à se taire dans ce pays, ce n'est pas le cas», avait affirmé le vice-Premier ministre Yalçin Akdogan dans un entretien à la chaîne d'information NTV.

L'UE est en pleine négociation avec Ankara pour améliorer la coopération sur la crise migratoire.
Bruxelles s'efforce de convaincre les autorités turques de faire davantage pour endiguer les flux de migrants qui quittent tous les jours les côtes de Turquie pour gagner, via les îles grecques en mer Egée, le continent européen.

En échange, l'UE envisage de faire des «concessions» envers la Turquie notamment en matière de libre circulation des personnes.L'ONU a révisé à la hausse jeudi les arrivées de migrants en Europe et prévoit que 600.000 personnes supplémentaires arriveront depuis la Turquie en quatre mois, alors que près de 750.000 migrants étaient déjà arrivés en Europe début novembre.