Le Liban en deuil après un attentat de l'EI, la communauté internationale condamne

Publié par DK News le 14-11-2015, 21h23 | 15

Une journée de deuil a été observée vendredi au Liban, au lendemain d'un attentat du groupe terroriste autoproclamé Etat islamique (EI/Daech) contre un fief du Hezbollah qui a fait 44 morts, suscitant la consternation de la communauté internationale.

A Beyrouth, les drapeaux jaunes du Hezbollah et ceux verts du mouvement chiite Amal étaient accrochés sur le lieu de l'attentat tandis que des bulldozers nettoyaient la rue jonchée de gravats et de bris de verre.

Selon un bilan encore provisoire de la Croix-Rouge libanaise, l'attaque a fait 44 morts et 239 blessés dans une rue commerçante bondée du quartier de Bourj al-Barajné, dans la banlieue sud de Beyrouth, un fief du puissant mouvement armé. Plusieurs des blessés sont dans un état critique, selon elle.

 

Le Liban, endeuillé, condamne et appelle à l'union

Le double attentat suicide perpétré jeudi dans la banlieue sud de Beyrouth, est le plus meurtrier depuis la fin de la guerre civile en 1990 au Liban. L'attaque a été revendiquée immédiatement par le groupe terroriste autoproclamé «Etat islamique» (EI/Daech). La revendication n'a pu être authentifiée. Néanmoins l'armée libanaise a indiqué dans un communiqué la version des faits.

«Un terroriste a fait détoner sa ceinture explosive (...) avant qu'un autre ne se fasse exploser près du lieu du premier attentat, ce qui  a fait de nombreuses victimes».

Elle précise également que le corps d'un troisième kamikaze qui n'avait pu activer sa ceinture explosive avait été retrouvé sur les lieux des attaques.

Sur les lieux de l'attaque, le ministre de la Santé Waël Abou Faour a affirmé que de nombreux blessés étaient dans un état critique.

Le Premier ministre libanais Tammam Salam, a condamné cet acte qualifié de «lâche», faisant appel aux Libanais à rester unis et être conscients face à ces plans qui visent à diviser le pays. Par ailleurs, la coordinatrice spéciale pour le Liban, Sigrid Kaas, a exprimé son soutien ferme à l'armée libanaise et aux services de sécurité, soulignant « la nécessité pour les responsables de ces actes terroristes d'être traduits devant la justice».

 

Choc et consternation à travers le monde

Au Liban comme à l'étranger, les réactions étaient unanimes. Les pays de l'Occident et arabes ont exprimé leur consternation et leur choc face à ce drame sanglant.

L'Algérie a condamné vendredi «avec force» l'«odieux» attentat terroriste, le qualifiant de «lâche».

«Nous condamnons avec force l'odieux attentat terroriste perpétré jeudi soir dans la banlieue sud de Beyrouth, faisant plusieurs victimes innocentes», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif.

«Cet acte criminel lâche qui montre le visage hideux du terrorisme et lève une nouvelle fois le voile sur l'atrocité de ce fléau impose à la communauté internationale de conjuguer ses efforts pour y faire face et parer à son exacerbation», a ajouté M. Benali Cherif.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a pour sa part parlé «d'acte méprisable», appelant les Libanais à «continuer de travailler, à préserver la sécurité et la stabilité» du pays. Washington a également condamné le double attentat suicide et qualifié d'attaques «terroristes horribles». Paris a exprimé son «effroi» et son «indignation», dénonçant un «acte abject».

Les pays arabes étaient également nombreux à réagir. L'Egypte, l'Arabie saoudite, l'Irak, la Palestine ont tous condamné l'horrible acte commis jeudi à Beyrouth.

Il s'agit du premier attentat contre un fief du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth depuis juin 2014, lorsqu'un agent de sécurité avait été tué en empêchant une attaque.