Série d’attentats à Paris : La France sous le choc

Publié par DK News le 14-11-2015, 23h48 | 46

La France était hier sous le choc au lendemain de la série d’attentats kamikazes, vendredi soir à Paris, qui ont fait plus de 120 morts et 200 blessés, selon un bilan provisoire. Même si le samedi est le début du week-end, l’angoisse s’est emparée des Parisiens après l’horreur vécue la veille, jamais aussi meurtrière et spectaculaire.

Tout a commencé par une opération de diversion dans la journée de vendredi où deux alertes à la bombe ont été annoncées. L’une à la gare de Lyon, une gare très mouvementée qui accueille des voyageurs à destination de Paris au sud de la France ou l’inverse, notamment la veille du week-end.

La deuxième alerte avait pour cible l’hôtel de l’équipe de football allemande, championne du monde, qui est venue affronter l’équipe de France.

C’est une opération «beaucoup plus médiatique», relèvent des observateurs à Paris, étant donné que tous les Français attendaient dans l’enthousiasme cette confrontation entre deux frères ennemis.

Dans la soirée de vendredi, huit assaillants sont morts, dont sept en se faisant exploser, dans cette série d'attaques perpétrées à Paris dans la salle de concerts du Bataclan, dans plusieurs rues du cœur de la capitale, et près du Stade de France, où les services de sécurité ont dû exfiltrer le président français qui assistait à la rencontre France-Allemagne et qui s’est soldée par une victoire des Bleus (2-0). Pour le moment, les attaques n'ont pas été revendiquées, mais les doigts accusateurs se dirigent vers les extrémistes islamistes, sans donner d’autres indications.

On fait état de six attaques simultanées qui ont été menées dans au moins trois endroit différents, principalement dans les 10e et 11e arrondissements.

Les auteurs de ces attentats criminels ont visé, avec des mitraillettes, plusieurs personnes sur les terrasses de café. Par ailleurs, au moins trois explosions ont retenti aux alentours du Stade de France vendredi vers 21h20 pendant que 80.000 personnes suivaient avec engouement la confrontation franco-allemande.

François Hollande a affirmé, vendredi soir, savoir d’où cette «horrible épreuve» venait, «qui sont ces criminels, qui sont ces terroristes», annonçant l’entrée en vigueur dès minuit de l’état d’urgence «sur le territoire métropolitain et en Corse».

Dans ce contexte, quelque 1.500 militaires supplémentaires ont été mobilisés et les contrôles aux frontières renforcés.

Le parquet a ouvert une enquête pour «assassinats en relation avec une entreprise terroriste» sur ces attaques, qualifiées des «plus meurtrières» en Europe depuis les attentats islamistes de Madrid en mars 2004.

A cet instant, la priorité, pour les services de sécurités, est d'identifier les corps, notamment ceux des terroristes, qui ont été pour la plupart pulvérisés lorsqu'ils se sont fait sauter, a expliqué une source policière à Paris.

Aucune interpellation n'a été réalisée et les enquêteurs ne recherchent personne à ce stade, indique-t-on de même source.

La même source policière a indiqué que les enquêteurs devront visionner les images de vidéosurveillance pour «déterminer les circonstances» des attentats.

«Une fois les terroristes identifiés, il s'agira de déterminer s'ils ont profité de complicités», a-t-elle précisé.

Ces attentats surviennent alors que la France vit encore dans le traumatisme des attentats de janvier contre l'hebdomadaire Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts et ont été suivis de plusieurs autres attaques ou tentatives. Ils interviennent également au moment où une enquête de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) et l'INSEE a révélé vendredi que les Français, interrogés sur les «problèmes les plus préoccupants dans la société», mettent le chômage (38,3%) et, pour la première fois, en second, le terrorisme (17,7%).

La crainte du terrorisme «n'avait jusque-là jamais dépassé 5%» et les auteurs du rapport expliquent cette hausse par le fait que les questions ont été posées au début de l'année, en pleine période des attentats de janvier 2015 en France.

Depuis janvier, le plan Vigipirate est à son niveau maximum dans la région parisienne. Une mission de sécurité intérieure est assurée sur tout le territoire par l'armée. A deux semaines de la tenue de la conférence mondiale sur le climat (COP21) au Bourget, au nord de Paris, où sont attendus des dizaines de chefs d'Etat et de gouvernement, l'ampleur de cet attentat a semé l’angoisse et l'effroi chez les Français. Par ailleurs, les principaux partis ont annoncé la suspension de leur campagne en vue des élections régionales et en région parisienne, les établissements scolaires et universitaires sont fermés samedi ainsi que les compétitions sportives ont été suspendues ce week-end.