Appel à optimiser et à préserver les infrastructures de base pour un retour sur investissement (rencontre)

Publié par DK News le 19-11-2015, 20h53 | 38

L'optimisation et la préservation des infrastructures de base en Algérie est nécessaire pour réaliser un retour sur investissement de l'Etat, ont souligné, jeudi à Alger, des responsables et experts lors d'une journée d'étude sur "les grands orientations du secteur des travaux publics dans le contexte économique actuel".

"Il est temps de faire un point de situation sur l'investissement gigantesque consenti par les pouvoirs publics en matière de réseau routier et infrastructures de base, évaluer le niveau de service rendu et surtout mesurer le retour sur ces investissements", a affirmé le Secrétaire général du ministère des Travaux publics, Ali Hammi.

Ce responsable, qui s'exprimait au nom du ministre des Travaux publics Abdelkader Ouali a indiqué que l'intelligence dans l'exploitation, l'efficacité dans la maintenance, l'efficience du niveau de service et la rentabilité économique des infrastructures de bases déjà réalisés en Algérie s'imposent pour "permettre d'optimiser et préserver le patrimoine national infrastructures et lui permettre d'être un véritable support de l'économie".

L'Algérie a capitalisé, à travers différents programmes, un patrimoine d'infrastructures "très consistant", composé de 1.200 km d'autoroutes, 96.000 km de routes, 19 ports et abris de pêches et 36 pistes aéroportuaires, souligne-t-il.

Ce réseau d'infrastructures constitue un poumon pour l'économie nationale, de par les flux de transport de marchandise qu'il est en capacité d'accueillir, de transport routier qu'il supporte et de mobilité des personnes en charges des échanges commerciales internationales qu'il assure.

S'exprimant en marge de cette journée, le directeur du laboratoire de recherche management dans le transport et la logistique à l'université Hadj Lakhdar de Batna, Fares Boubakour, a indiqué que dans la conjoncture économique actuelle, caractérisée par la baisse des ressources financières, suite au recul des prix du pétrole, il faut "mieux exploiter les infrastructures existantes, car très souvent, il y a une sous utilisation des capacités de transport et d'infrastructures à cause de l'indiscipline des usagers".

Cela a un impact direct sur la capacité des infrastructures, c'est pourquoi, a-t-il préconisé, "il faudrait une meilleure organisation des flux et une meilleure formation des usagers pour optimiser et préserver ces infrastructures".

Il a également recommandé "plus d'investissements" dans les transports en commun dans les grandes agglomérations, car au vue de la conjoncture actuelle, "même s'ils paraissent très coûteux, ils seront plus rentables à long terme".

S'agissant de l'utilisation des dernières technologies de l'information et de la communication dans les transports, elles permettent de "mieux maîtriser le flux des véhicules sur les routes et calculer le poids des camions, ce qui réduit l'agressivité sur les infrastructures et assurera leur durabilité", a soutenu cet expert.

Pour sa part, l'expert consultant Mohamed Haouat, a appelé à l'instauration du péage sur l'autoroute Est-ouest (1.216 km), "afin de rentabiliser ce projet et avoir un retour sur investissement, et pour pouvoir l'entretenir et le préserver".

A propos du report de certains projets structurants, le directeur des statistiques, de la modélisation et de la synthèse auprès du Conseil national économique et social (CNES), Omar Bouazouni, a estimé que le ralentissement de la commande publique dans le secteur du BTPH provoquerait "la sclérose de toute l'économie".

Cette journée d'étude a été organisée en marge du Salon international des travaux publics d'Alger (SITP 2015), qui se tient du 18 au 22 novembre au Palais des expositions (Pins maritimes).

(APS)