Colloque international de biologie appliquée ouvert hier à l'Université des sciences et de la technologie Mohamed-Boudiaf (Oran) : «Les substances toxiques de l'écosystème oranais bientôt inventoriées»

Publié par DK News le 29-11-2015, 22h42 | 60

Des chercheurs algériens s'attèlent aux préparatifs d'une opération visant à inventorier toutes les substances toxiques de l'écosystème d'Oran, a-t-on appris lors d'un Colloque international de biologie appliquée ouvert hier à l'Université des sciences et de la technologie Mohamed-Boudiaf (USTO-MB).

 "Cette initiative a pour objectif de mieux cerner l'impact des nanoparticules sur la santé humaine", a précisé Amel Alioua Berrebbah, doyenne de la faculté des sciences de la nature et de la vie (SNV) et présidente du comité d'organisation du colloque réunissant, trois jours durant, près de 250 chercheurs algériens et étrangers.

Les nanoparticules peuvent être d'origine naturelle (feux de forêt, érosion, émission de pollens par les plantes) ou humaine (moteurs de véhicules, industrie). Le choix d'Oran pour la réalisation de l'inventaire de ces substances toxiques a été motivé par le fait que cette ville subit, de par sa position, l'effet des vents dominants facilitant le brassage et le maintien local de ces éléments ayant un impact négatif sur la santé de l'homme, a expliqué Mme Alioua Berrebbah. Le développement de cet axe de recherche a été déjà amorcé avec la mise en place à l'USTO-MB d'un nouveau parcours de niveau master dans le domaine de la nanotoxicologie, spécialité explorant les mécanismes d'action des particules fines présentes dans les écosystèmes terrestre et aquatique. Dans ce contexte, une nouvelle dynamique est aussi escomptée au plan de l'investigation scientifique à la faveur d'un projet de création d'un nouveau laboratoire de recherche dédié à l'écotoxicologie, se rapportant beaucoup plus à la pollution atmosphérique et aquatique, a-t-elle souligné, rappelant que la faculté SNV compte deux premiers laboratoires opérationnels spécialisés en génétique et en biotechnologie.

Les équipes de chercheurs mobilisées au niveau de ces laboratoires ont à leur actif plusieurs travaux mettant en évidence le large spectre d'applications de la biologie appliquée, la doyenne de la faculté SNV évoquant à ce titre des travaux sur les gènes responsables de la prédisposition humaine à certaines pathologies comme la polyarthrite rhumatoïde. Elle a également fait part d'un autre projet consacré à la valorisation de plantes réputées pour leur vertus thérapeutiques, à l'instar de la "Paronychia argentea" plus connue sous l'appellation explicite locale "fetatat el hdjar" en référence à ses propriétés favorisant l'élimination des calculs rénaux. "La recherche dans le domaine de la biologie appliquée se place au premier  rang pour comprendre et apporter des solutions face à l'émergence de diverses maladies, au changement climatique, à la perte de la biodiversité et à d'autres phénomènes que connaît la planète sous l'effet du progrès technologique", a conclu la doyenne de la faculté SNV de l'USTO-MB. Les conférences et ateliers programmés dans le cadre du colloque s'articulent autour de trois thématiques principales, à savoir la génétique (humaine et biodiversité des ressources animales), l'écotoxicologie (terrestre et aquatique) et la biotechnologie (végétale et microbienne).