Hier, à l'Ecole supérieure de Police Ali-Tounsi de Châteauneuf, conférence du contre-amiral à la retraite Jean Dufourcq au forum de la DGSN : «Défis géostratégiques au Sahel et en Afrique du Nord»

Publié par O. Larbi le 01-12-2015, 23h04 | 208

Accueilli par une assistance de cadres supérieurs de la DGSN et d'étudiants en formation à l'ESP, le contre-amiral à la retraite Jean Dufourcq était reçu par le général-major, DGSN, Abdelghani Hamel, accompagné du professeur Abderrahmane Mebtoul. Le conférencier est présenté en mettant en relief sa carrière académique, une carrière marquée par une connaissance approfondie des pays du Maghreb et des pays riverains de la Méditerranée.

Les défis stratégiques en Afrique du Nord et au Sahel est une intervention inédite rendue possible par la volonté de la DGSN et de son premier responsable, le général-major Abdelghani Hamel, de former les cadres et d'affirmer ainsi l'ancrage moderniste de la police nationale.

 

De quoi s'agit-il ?

C'est par un tour d'horizon que l'orateur fait l'appréciation de situation: récolte et classement des données:

« La zone Sahara-Sahel est entre le groupe des Etats du Maghreb et de ceux de l'Afrique de l'Ouest. C'est un espace qui échappe aux règles habituelles: sa spécificité, sa météorologie, sa climatologie détermine le mode de vie des populations qui y vivent en nomades, dans les oasis, communiquent par des routes caravanières. C'est un espace de conflictualités au Sahara et au Sahel. »

 

Quelle stratégie ?

« Les tensions sont périphériques des grands centres cœur des conflits chauds comme la Méditerranée orientale. Peut-on faire face aux tensions des grands espaces ?

Regardons ensemble les accumulations des fragilités nomades: la grande criminalité des narcotrafiquants en ont fait des lieux de croisements des drogues colombienne et afghane.

Le trafic des êtres humains monnaye l'émigration vers les pays du Golfe et l'Europe.

Celui des médicaments ainsi que le trafic des armes de guerre se sont développés.

Le fondamentalisme s'est incrusté sur des territoires éloignés des capitales politiques et administratives, la décentralisation sans moyens donne l'impression que l'Etat central est indifférent au sort des populations faisant le lit d'AQMI et Daech.

Leurs ressources viennent des trafics, leur impunité de la corruption qui est partout. L'autre donnée est cette« façon de regarder l'avenir à travers les hydrocarbures et les matières premières dont l'uranium.»

La stratégie participe au premier rang de tous les domaines d'activité, pour peu qu'on les inscrive dans une perspective: POLITIQUE, HUMAINE, SOCIALE.

Le conférencier définit le monde actuel comme celui « des flux ». Une fluidité qui se développe depuis la fin de la guerre froide, époque où les équilibres de forces créaient un monde lisible. Il n'en est rien aujourd'hui. Et le rapport de forces n'est pas l'argument suprême de la stratégie mais un de ses paramètres.

 

Le défi

« Puisque les flux transitent par-dessus les frontières, que c'est du mouvement dans des espaces non stabilisés; aussi,« comment réduire les risques? Sur les grands espaces, la mobilité doit créer de l'insécurité dans les rangs des trafiquants et des terroristes, être nulle part, c'est être partout. »

 

Responsabilité

L'amiral Dufourcq pense que la« responsabilité collective des cinq nations  du Maghreb (ne voulant pas donner son avis sur le Sahara occidental)  est importante pour sécuriser l'espace Sahara-Sahel et atteindre  l'Afrique de l'Ouest. » Ce serait une manière de contribuer à la  canalisation de la trajectoire de l'humanité qui se fixera sur cinq plaques  démographiques: Inde, Chine, Europe, y compris la Russie, l'Afrique et  l'Amérique, selon l'orateur.

 

Conclusions

Le contre-amiral recommande la connaissance du terrain, la constitution de forces mobiles communes à tous les pays riverains du Sahara et du  Sahel pour désorganiser les forces qui portent atteinte à la liberté et à la dignité des citoyens.

Dans une courte intervention, le Général-Major a rappelé que l'Algérie a, avec les pays voisins, des organismes qui concrétisent la concertation et la coordination entre les armées de chaque pays.  La recherche est également à l'honneur avec le fonctionnement du Centre africain d'études et de recherche sur le terrorisme.

Cette manifestation de très haut niveau est l'illustration du fait que les institutions algériennes sont au fait des développements majeurs du monde.

O. Larbi