Les festivités de la 6e édition de la campagne de sensibilisation «Main dans la main contre le sida» se sont clôturés mardi et ont été marqués cette année par l'organisation de chaînes humaines avec les associations et jeunes dans plusieurs wilayas du pays pour sensibiliser aux dangers du sida.
L'initiative a été couronnée par une cérémonie-gala à la salle Atlas (Alger) en présence du ministre de la Communication, Hamid Grine.
Dans une déclaration à la presse en marge de la cérémonie de clôture, M. Grine a souligné l'importance de la sensibilisation des jeunes aux dangers du VIH, saluant l'éveil dont fait preuve cette catégorie de la société à travers sa participation importante aux chaînes humaines qui ont attiré pas moins de 35 000 jeunes.
Coïncidant avec la Journée mondiale de lutte contre le sida (1 décembre), la cérémonie a été marquée par la présence également du directeur général de la Radio nationale, Chaabane Lounakel.
Hausse du taux d'atteinte de 26 % au Moyen orient et en Afrique du nord
La prévalence du VIH dans la région du Moyen orient et de l'Afrique du nord (MENA) a connu une augmentation de 26 % depuis 2000, a estimé mardi le représentant de l'ONUSIDA à Alger, Dr. Adel Saddam.
Le taux d'atteinte du VIH a connu une hausse depuis 2000, affichant 26 % dans la région du Moyen orient et 30 % en Europe de l'est avec une multiplication du taux de décès de trois fois dans les deux régions, a révélé Dr.
Saddam dans une lettre qu'il a lue au nom de la coordinatrice de l'ONU à Alger, Mme Christina Amaral.
Le responsable onusien a salué les efforts consentis par l'Algérie pour faire face à cette maladie à travers l'adoption d'un programme national de prévention et de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles et le sida.
Ces efforts se manifestent également, a-t-il ajouté, par la promotion du programme en une stratégie nationale jusqu'à 2020.
Relevant les avancées positifs de la riposte au sida au cours des 15 dernières années, l'ONUSIDA a estimé que 15,8 millions de personnes dans le monde avaient accès à la thérapie antirétrovirale durant 2015 contre 7,5 millions de personnes en 2010 et 2,2 millions de personnes en 2005.
L'organisation a estimé que les nouvelles infections du VIH/Sida avaient chuté de 35% depuis 2000 et que les décès liés au sida on diminué de 42%. Le nombre de sidéens à travers le monde a atteint, selon l'intervenant, 36,9 millions de personnes qui ont été mis directement sous traitement, ce qui a contribué à l'amélioration de leur qualité de vie.
Il a dans ce sens exprimé la disponibilité des pays a fournir le traitement aux malades d'ici 2020.
Les associations d'aides aux sidéens ont évoqué le manque de moyens, ce qui complique les efforts de prévention. Elles ont par ailleurs salué les efforts de l'Etat dans la lutte contre le sida à travers la mise en place du comité national de lutte contre le sida.
Ban Ki-moon appelle la communauté internationale à rester unie pour vaincre l'épidémie d'ici à 2030
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté la communauté internationale à rester unie contre le VIH, le virus responsable du sida, et à le combattre sur tous les fronts afin de vaincre l'épidémie d'ici à 2030, dans un message à l'occasion de la Journée mondiale du sida.
«Cette année, nous célébrons la Journée mondiale du sida avec un espoir renouvelé, grâce à l'action résolue des militants, aux efforts inlassables des professionnels de la santé, aux prises de position fermes des défenseurs des droits de l'homme et au courage des personnes touchées et de leurs familles, qui tous ont uni leurs forces pour mieux combattre la maladie», a affirmé M.Ban Les dirigeants de la planète se sont tous engagés à venir à bout du sida d'ici à 2030 dans le cadre des objectifs de développement durable qu'ils ont adoptés en septembre, a-t-il rappelé.
«Cet engagement illustre le pouvoir de la solidarité, qui a su faire naître, d'un mal destructeur, un des mouvements les plus fédérateurs de l'histoire moderne», s'est-il félicité le chef de l'ONU. Selon M. Ban, « il y a beaucoup à apprendre de l'action contre le sida.
«Un à un, ceux qui voulaient se joindre à la lutte se sont levés, pour faire progresser la science, protéger les droits de l'homme et rendre leur dignité aux personnes vivant avec le sida.
Ce front devra rester uni tant que nous n'aurons pas touché au but et mis fin à l'épidémie», a-t-il dit.
«Le temps dont nous disposons pour agir diminue. C'est pourquoi je demande que soit mise en place une filière rapide pour les investissements initiaux et pour réduire l'écart entre les besoins et les services», a-t-il ajouté.
«Pour venir à bout de l'épidémie, et l'empêcher de rebondir, nous devons combattre sur tous les fronts.
Il nous faut plus que doubler le nombre de ceux qui reçoivent un traitement salvateur, pour atteindre les 37 millions de personnes qui vivent avec le sida.
Nous devons assurer aux adolescentes et aux jeunes femmes les moyens de s'instruire et de se protéger contre le VIH. Et il faut aussi que certains groupes ciblés aient accès à tout l'éventail des services, dans la dignité et le respect», a affirmé M. Ban.
«Les mères séropositives peuvent donner naissance à des enfants libres du VIH, survivre elles-mêmes et être en bonne santé.
Mettre fin à l'épidémie est un élément décisif du succès de la stratégie mondiale que j'ai lancée pour assurer la santé et le bien-être des femmes, des enfants et des adolescents en l'espace d'une génération», a-t-il encore dit.
Il a rappelé qu'atteindre les cibles de l'initiative «Accélérer», c'est empêcher de nouvelles infections au VIH et de nouveaux décès dus au sida, tout en éliminant la condamnation sociale et la discrimination dont sont souvent victimes les malades.
Le chef de l'ONU s'est félicité qu'Onusida ait aligné sa stratégie sur les objectifs de développement durable et a déclaré attendre avec impatience la réunion de haut niveau sur le VIH/sida que l'Assemblée générale tiendra en 2016.