Clôture des travaux des chefs des polices africaines avec l'adoption des principaux textes juridiques d'Afripol

Publié par DK News le 14-12-2015, 19h07 | 33

Afripol permettra de mieux mutualiser : les efforts pour combattre les différents fléaux

La création d'Afripol permettra de mieux mutualiser les efforts des pays africains pour combattre les différents fléaux auxquels le continent fait face, ont affirmé dimanche à Alger, des participants à la réunion des chefs de police africains.

«L'objectif de l'Afripol est de mutualiser les efforts pour combattre efficacement le crime», a indiqué le commissaire général de la police congolaise le général Charles Besindiman, en marge de l'inauguration du siège du Mécanisme africain de coopération policière (Afripol) à Alger.
Il a ajouté qu'auparavant, les pays africains faisaient les efforts individuellement, assurant que désormais «ils se sont dit pourquoi ne pas faire comme les autres pays à travers le monde».

De son côté, l'inspecteur général du Sénégal Mal Oumar, a indiqué qu'avec l'Afripol, les pays africains pouvaient se prévaloir d'avoir «vraiment» une instance de coordination pour des liens de coopération «efficace» contre toutes sortes de crimes. Il a, par ailleurs, salué le rôle «prépondérant» que joue l'Algérie pour soutenir toutes les démarches de coopération «pour réaliser l'union des forces pour faire face aux différents défis».

Pour sa part, le Commissaire à la paix et la sécurité de l'Union africaine, Smail Chergui, a assuré que l'Afripol était «d'une importance stratégique» pour la paix et la sécurité mais «surtout pour permettre aux différentes polices africaines de mieux coordonner leurs activités et de former leurs cadres».

L'inauguration du siège d'Afripol s'est déroulée en marge des travaux de la Réunion des chefs de police africains, qui ont débuté dimanche à Alger, dans le but d'entériner les textes juridiques relatifs à ce mécanisme africain.

La création d'Afripol, qui sera opérationnel en 2016, ambitionne de parvenir à une vision globale permettant d'améliorer l'efficacité des services de police africains, à travers le renforcement des capacités organisationnelles, techniques et opérationnelles.

La police algérienne mettra à la disposition de l'Afripol toute son «expérience» et son «expertise»

La police algérienne mettra à la disposition du mécanisme africain de coopération des polices (Afripol) toute son «expérience» et son «expertise», en matière de lutte contre la criminalité, a indiqué lundi à Alger le Directeur général de la sûreté nationale, le général major, Abdelghani Hamel.

Lors d'une conférence de presse co-animée avec le Commissaire à la paix et la sécurité de l'UA, Smail Chergui, et le co-président du Comité ad-hoc pour la création d'Afripol, Assan Kasangye, le DGSN a indiqué que la police algérienne apportera à ce nouveau mécanisme son «expérience» et son «expertise» dans la lutte contre les différentes formes de criminalité.

Dans ce sens, il a cité en exemple le rétablissement de l'ordre à travers le «concept de la gestion démocratique des foules», où, dit-il, «nous sommes leaders», précisant que la police algérienne bénéficiera également des expériences de certains pays.

M. Hamel a expliqué que la vocation première de l'Afripol est l'échange de formation, d'expertise, d'expérience et aussi l'échange des bonnes pratiques policières en matière de lutte contre la criminalité et ses activités connexes, d'ailleurs, a-t-il fait savoir, le nouvel organisme disposera d'un pôle d'»excellence».

Pour lui, l'Afripol a d'abord une vocation de mise à niveau de certaines polices africaines dans le domaine de la formation, la modernisation des moyens et des équipements.
D'autre part et sur le plan national, le général major a révélé qu'une session de formation d'agents de police et une autre d'élèves officiers seront ouvertes incessamment, sans pour autant donner une date précise.

En réponse à une question sur les enlèvements d'enfants, M. Hamel «récuse» le mot phénomène, reconnaissant toutefois l'existence de cette forme de criminalité qu'il a qualifiée d'»ordinaire».
«Les cas d'enlèvement d'enfants ne sont pas un phénomène de société», a-t-il soutenu. «Il y a effectivement des enlèvements mais ils s'inscrivent dans le registre de la criminalité ordinaire. Nous avons pris des dispositions au niveau régional et national pour lutter contre cette forme de criminalité», a-t-il indiqué.

Afripol contribuera à asseoir l'Etat de droit

La création du mécanisme africain de coopération policière (Afripol) contribuera à asseoir dans le continent africain l'Etat de droit, a assuré lundi à Alger, le Commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union africaine (UA), Smail Chergui.

«Afripol contribuera à asseoir en Afrique l'Etat de droit si nous parvenons à réaliser les objectifs assignés à cette organisation car les défis qui se présentent à nous sont énormes», a déclaré M. Chergui à la clôture des travaux des chefs des polices africaines.

M. Chergui a souligné la nécessité de «l'appropriation de ce nouveau-né», qui est un organe «d'essence africain, créé pour réaliser les objectifs du continent», précisant toutefois que c'était une organisation qui ne va pas «se scléroser», car elle sera un interlocuteur majeur d'Interpol, comme notamment les autres organisations sous-régionales.

Pour M. Chergui, l'Afrique est un lieu de transit de toutes sortes de drogue dures provenant des pays d'Amérique latine ou d'Asie, mais également le canabis produit en Afrique, affirmant qu'Afripol permettra de lutter «efficacement» contre tous ces fléaux.

Evoquant la lutte antiterroriste, il a affirmé que si «nous voulons assécher le financement du terrorisme, il faut traiter la question des trafics illicites». M. Chergui a relevé, que dans le cadre, d'Afripol, les polices africaines auront la mission dans leur domaine spécifique notamment la lutte contre le crime organisé transnational, mais également préparer leur contribution aux missions de maintien de la paix.

De son côté, le co-président du Comité ad-hoc pour la création d'Afripol, l'ougandais Assan Kasangye, a indiqué qu'avant chaque région faisait face «seule» au terrorisme et à toutes sortes de fléaux, soulignant qu'Afripol permettra de réunifier les efforts pour mieux résoudre les problèmes africains.

Plus de 40 pays ont pris part aux travaux de la réunion des chefs de police africains qui ont été clôturés lundi à Alger avec l'adoption des textes juridiques relatifs au lancement du mécanisme de coopération policière africaine (Afripol). La création d'Afripol ambitionne de parvenir à une vision globale permettant d'améliorer l'efficacité des services de police africains, à travers le renforcement des capacités organisationnelles, techniques et opérationnelles.

Le Comité Ad-hoc de l'Afripol préconise une démarche graduelle dans la mise en oeuvre de ce mecanisme

Les membres du comité ad-hoc d'opérationnalisation de l'Afripol ont préconisé, dimanche à Alger, une démarche «graduelle» dans la mise en £uvre de ce mecanisme, en démarrant à travers la mise en place de ses entités essentielles, lui permettant de se lancer, pour aboutir à terme, à la concrétisation de son organigramme définitif.

A travers le projet d'architecture de l'Afripol, les membres du comité ont veillé à ce qu'il soit doté de moyens et de ressources nécessaires pour accomplir ses missions et activités en termes d'harmonisation des approches policières, de renforcement de la coopération policière, de développement des capacités de formation, d'échange d'expertises et d'expériences et de vulgarisation des bonnes pratiques.

En présentant le projet d'architecture de l'Afripol, le général major Abdelghani Hamel, co-président du comité Ad-hoc a expliqué que l'organisation de l'Afripol s'articule autour d'une triple dimension.
Il s'agit d'abord d'une dimension décisionnelle, représentée par les directeurs et inspecteurs généraux, agissant en consultations régulières avec le Comité technique spécialisé sur la défense, la sûreté et la sécurité de l'Union africaine.

Cette entité, a expliqué le DGSN, qui aura pour mission principale l'élaboration de la politique et des priorités stratégiques d'Afripol, constitue l'organe technique suprême sur le continent, et aura comme responsabilité d'assurer le leadership en ce qui concerne toutes les questions de police en Afrique.
L'autre dimension, exécutive, est représentée par les sous-régions de coopération policière africaine et le Département à la paix et à la sécurité de la Commission de l'Union africaine, fonctionnant dans le cadre d'un mandat d'une durée déterminée.

La troisième dimension est opérationnelle, à travers une entité permanente représentée par un secrétariat de l'Organisation africaine de coopération policière.Elle sera chargée d'assurer l'administration des moyens de l'organisation et par le biais des bureaux nationaux, la liaison avec les autorités policières nationales et internationales, ainsi que l'élaboration du projet de programme de travail annuel et la mise en oeuvre des décisions prises par les organes décisionnel et exécutif.

Afin de garantir toute l'autonomie à ce mécanisme et conférer une souplesse dans l'évolution organique, les membres du comité ont préconisé la prise en charge des aspects liés à l'organisation et à la composition du bureau de l'Assemblée générale, aux fonctions du comité directeur et à l'organisation du secrétariat, par les règlements intérieurs, règles et procédures de l'Union africaine.

Le général major Hamel avait exprimé sa conviction quant à cette articulation de l'Afripol, considérant qu'elle «tient compte des spécificités sécuritaires africaines», et qu'elle sera en mesure de prendre en charge les grands projets structurants et éventuellement tout autre projet en faveur de certains besoins particuliers susceptibles d'être exprimés dans des créneaux déterminés d'activités policières».