Les dirigeants européens prêts à faire des concessions pour éviter un Brexit

Publié par DK News le 18-12-2015, 19h50 | 18

Les dirigeants européens ont exprimé leur dispositionà faire des "concessions" à Londres pour maintenir le Royaume-Uni dans l'Union européenne (UE) et se sont engagés à "accélérer" la mise en œuvre de la stratégie visant à endiguer l'afflux sans précédent de migrants auquel l'Europe est confrontée, à l'issue de la première session d'un sommet jeudi à Bruxelles.

"Les dirigeants ont affiché leur volonté de trouver un compromis", a déclaré le président du Conseil de l’Europe, Donald Tusk, après un dîner de travail consacré au Brexit.

"Nous avons clairement indiqué que nous étions prêts au compromis, mais toujours sur la base de la préservation des principes européens de base, qui incluent la non-discrimination et la liberté de mouvement", a souligné la chancelière allemande, Angela Merkel.

Dans une lettre adressée le 10 novembre dernier au président du Conseil européen, le Premier ministre britannique, David Cameron, a formulé ses exigences envers l'UE pour mener campagne en faveur du maintien de son pays dans l'Union, lors du référendum qu'il a promis d'organiser d'ici à la fin de 2017.

Pour ralentir le flux migratoire, David Cameron exige la suppression de l'accès aux prestations sociales des Européens s'installant au Royaume-Uni pendant les quatre premières années de leur séjour.

Le Premier ministre britannique veut aussi interdire à ces travailleurs européens de transférer à l'étranger leurs allocations familiales. Il a également fait savoir son intention d'abroger la loi britannique qui oblige les tribunaux à appliquer les arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg.

Des exigences qui continuent de poser particulièrement problème, même si David Cameron s'est dit optimiste quant à la conclusion d'un accord lors du prochain sommet des 28 prévu en février.

"La bonne nouvelle c'est qu'il y a une issue vers un accord", a-t-il déclaré après trois heures de négociation avec les dirigeants européens. Mais, le président français François Hollande qui affiché sa disposition à accepter des "adaptations" et des "aménagements" a insisté sur "le respect des principes, des règles et des acquis européens". Dans une déclaration commune diffusée jeudi, les pays du groupe de Visegrad - Pologne, Hongrie, Slovaquie et République tchèque - affirment qu'ils rejetteront toute demande britannique considérée comme "discriminatoire" à leur égard ou limitant sa "liberté de mouvement".

 

Création d'un corps européen de gardes-frontières : accord reporté

Confrontés à la crise migratoire la plus importante depuis la seconde guerre mondiale, les dirigeants européens se sont engagés à "accélérer" la mise en œuvre de la stratégie visant à endiguer l'afflux migratoire et à "remédier" aux insuffisances constatées, notamment aux frontières extérieures de l'espace Schengen.

Même si le président de la Commission européenne, Jean Claude Juncker assurait que sa proposition de création d'un corps européen de gardes-frontières a été accueillie "favorablement", il n'en demeure pas moins que les dirigeants européens ne se sont pas encore exprimés officiellement pour la mise en place de ce corps.

Le communiqué publié à la fin de la première session du sommet souligne que le Conseil devrait examiner à bref délai les propositions de la Commission du 15 décembre concernant un "corps européen de garde-frontières et de garde-côtes", le code frontières Schengen, un "programme volontaire d'admission à titre humanitaire", et les documents de voyage aux fins du retour.

"Le Conseil devrait adopter sa position sur le corps européen de garde-frontières et de garde-côtes durant la présidence néerlandaise", précise encore le communiqué.

Le comité des ambassadeurs permanents auprès de l'UE devrait, par ailleurs, prolonger de six mois les sanctions contre la Russie décidées à la suite de l'annexion de la Crimée par les russes, après un référendum. D'autres points sont également inscrits à l'ordre du jour de ce sommet, notamment l'union économique et monétaire, et le marché unique, mais aucune décision de substance n'est attendue à son issue.