La Turquie doit lutter efficacement contre les trafics de Daech

Publié par DK News le 19-12-2015, 01h30 | 25

La Turquie doit lutter «totalement et concrètement» contre le trafic de pétrole ou d'antiquités venant des territoires tenus par les jihadistes en Syrie, a souligné jeudi le ministre français des Finances Michel Sapin.

Le ministre était à New York pour une réunion de grands argentiers des pays du Conseil de sécurité qui doit adopter une résolution visant à mieux lutter contre le financement du groupe autoproclamé «Etat islamique» (Daech/EI).

Les résolutions de l'ONU «s'imposent à la Turquie en tant qu'Etat», a-t-il affirmé. «La Turquie est engagée autant que tout autre Etat dans leur mise en oeuvre et elle doit lutter totalement et concrètement contre toutes les formes de trafic qui peuvent venir de Daech».

M. Sapin a évoqué à ce propos l'éventualité d'une «sanction» contre tout pays réticent à tarir les sources de financement de Daech. «A un moment donné il y aura des listes et on se posera la question de comment sanctionner».

Il a rappelé que le G20 avait chargé le GAFI (Groupe d'action financière), organisme international de surveillance financière basé à Paris, de désigner d'ici février prochain les pays récalcitrants ou peu efficaces.

«Il conviendra de vérifier que chaque Etat lutte non seulement juridiquement mais pratiquement contre le financement de Daech», a ajouté le ministre qui dit compter sur «la pression internationale». La Russie, en froid avec la Turquie depuis qu'un bombardier russe a été abattu par la chasse turque, a accusé Ankara de laisser faire la contrebande de pétrole syrien organisé par Daech et passant par ses frontières, voire même d'en profiter. M. Sapin a minimisé le problème, estimant que «le plus gros du trafic est un trafic local, sur le territoire administré par Daech» et le reste du territoire syrien. «Pour rouler à Damas il faut de l'essence mais ce n'est pas à Damas qu'est produit le pétrole».

Le vote de la résolution de l'ONU va permettre «de renforcer considérablement notre efficacité dans les deux ou trois mois qui viennent», a-t-il prédit. «On voit bien que les sources de financement se resserrent, il faut les tarir complètement»