Espagne : les électeurs aux urnes pour des législatives

Publié par DK News le 20-12-2015, 16h45 | 30

Les électeurs espagnols ont commencé à voter dimanche pour des élections législatives marquées par l'érosion de la droite au pouvoir et l'arrivée des nouveaux partis Ciudadanos et Podemos (gauche radicale), selon les sondages.

Les bureaux de vote ont ouvert à 9h00 (8h00 GMT) pour les 36,5 millions d'électeurs en tenant compte des résidents étrangers, pour ce scrutin lors duquel le Parti populaire (droite), au pouvoir depuis 2011, pourrait perdre sa majorité absolue, voire le pouvoir. Les électeurs doivent renouveler les deux chambres des «Cortes Generales», le Congrès des députés (Chambre basse) et le Sénat (Chambre haute).

Ces élections permettront de désigner les 350 membres du Congrès des députés au scrutin proportionnel de liste par province, avec un seuil minimum de 3 pc pour être représenté, en plus de 208 sénateurs qui seront élus au suffrage direct.

Les 51 autres membres du Sénat sont nommés par les Communautés autonomes, après le renouvellement de leurs respectifs parlements régionaux.
Par ailleurs, 625 candidatures ont été présentées pour occuper un siège au Congrès des députés dans 52 circonscriptions, tandis que 673 candidats sont en lice pour remplacer les sénateurs sortants dans 59 districts électoraux, selon des chiffres du ministère espagnol de l'Intérieur.

«Les Espagnols définissent aujourd'hui à quoi ressemble la nouvelle ère politique», titre El Pais (centre gauche), le quotidien le plus lu du pays.El Mundo, en pages intérieures, souligne la présence sans précédent depuis 1977 de quatre partis susceptibles d'obtenir plus de 15% des voix.

Selon les sondages, le Parti populaire (PP, droite) du chef de gouvernement sortant Mariano Rajoy, largement majoritaire en 2011 avec 45% des voix (186 députés sur 350), n'aurait que quelques points d'avance sur les trois autres mais sans dépasser les 30%. Avec un Parlement morcelé, le vainqueur aura du mal à former un gouvernement.

Loin derrière le PP, le Parti socialiste (PSOE) n'est pas sûr de garder sa deuxième place, peinant à dépasser les 20% et talonné par Podemos et Ciudadanos, qui ont déjà émergé lors des régionales et municipales de mai, Podemos, étant associé à des plateformes citoyennes dirigeant Madrid et Barcelone.

Rouge et bleu: le PSOE et le PP alternaient jusque-là au pouvoir, relativement cordialement. Le royaume d'Espagne, après avoir avorté une tentative de coup d'Etat en 1981, a vécu 21 ans de socialisme, de 1982 à 1996 avec Felipe Gonzalez puis José Luis Rodriguez Zapatero (de 2004 à 2011), et douze ans avec la droite menée par José Maria Aznar (1996 à 2004) et Mariano Rajoy depuis 2011.