Les quotidiens de la presse française se sont montrés, dans leurs éditions de mardi, très inquiets de l’escalade entre l’Iran et l’Arabie saoudite, critiquant la position pro-saoudienne de la France.Dans son commentaire, le Monde a estimé que «dans une région surarmée et qui continue de fournir l'essentiel du pétrole mondial, un conflit Iran-Arabie saoudite serait la pire des choses», appelant les pays occidentaux à «jouer un rôle» pour l'éviter.
Pour ce journal, «la lutte contre l'organisation ‘Etat islamique’ dépend d'une désescalade entre l'Iran et l'Arabie Saoudite».Pour l’Humanité, quotidien fondé par Jean Jaurès, «l'escalade de ces derniers jours met la paix en péril et compromet gravement la lutte en cours contre l'organisation ‘Etat islamique’, supposant sinon une union, du moins une forme de coopération entre toutes les puissances de la région».
Il appelle la communauté internationale, avec l’Onu, à une rencontre «d’urgence» entre les parties.
Critiquant la position française au Moyen-Orient, Libération demande au président français de faire son choix entre l’Arabie Saoudite et l’Iran.
«Entre Riyad et Téhéran, entre l'impétueux prince héritier et ministre de la Défense Mohammed ben Salmane, qui a engagé son armée dans une guerre sans issue au Yémen, et le reconstructeur Hassan Rohani, sans lequel il n'y aurait pas eu d'accord sur le nucléaire, le président français, François Hollande, devra choisir», écrit Libération qui estime que «vendre des canons n'a jamais constitué une politique».
Dans le même sens, l’Opinion explique que «dans ce contexte à nouveau dégradé, la France se retrouve prise au piège de son alliance avec l'Arabie saoudite», ajoutant que son «choix stratégique» anti-iranien «conduit lentement (le) pays à l'impuissance diplomatique».
Quant à Ouest-France, il estime que cette escalade «entre sunnites et chiites, Arabes et Perses, Arabie Saoudite et Iran (ce sont les trois dimensions d'un affrontement qui mêle délibérément ces différentes facettes), intervient au pire moment, sinon sur le plan économique - le prix du pétrole devrait rester bas - tout du moins sur le plan géopolitique».
Le journal s’interroge par ailleurs si la France, «après le fiasco syrien», dispose «encore» de moyens «pour jouer les pompiers avec efficacité dans cette partie du monde».Les Dernières Nouvelles d'Alsace écrit, pour sa part, que les deux pays, «aussi viscéralement opposés et si proches physiquement n'ont, par nature même, d'autre possibilité que de finir par se heurter l'un à l'autre», expliquant qu’ils «le font depuis des années au Liban et aujourd'hui en Syrie, en Irak ou au Yémen, mais indirectement».
Le quotidien a estimé que l'arrivée d'un nouveau souverain en Arabie saoudite et l'intensification des conflits régionaux «ont changé la donne», soulignant que «cette attitude jusqu'au-boutiste et suicidaire oblige l'Occident à s'interposer d'urgence».
De son côté, Sud Ouest pense que l'escalade entre l'Arabie saoudite et l'Iran «n'ira pas jusqu'à l'affrontement armé direct», arguant que les deux pays «se font déjà la guerre par procuration», notamment en Syrie, au Yémen et au Bahreïn.