Une constitution qui garantit la démocratie et l'Etat de droit

Publié par Said Abjaoui le 05-01-2016, 21h40 | 53

Il y a un peu trop longtemps que nous n'avons pas assisté à une telle concentration des efforts à communiquer d'un côté et à comprendre et interroger de l'autre côté. C'est que les enjeux sont trop importants et les motivations évidentes. Il s'agit d'éclairer sur l'avenir, de réhabiliter la politique, de donner plus de sens à l'opposition, de garantir plus de libertés publiques, de libertés démocratiques.

Il s'agit également de construire et consolider la cohésion nationale dans un contexte régional où les vulnérabilités nationales favorisent la montée des menaces.

Une attention forte à Djenan Mithaq. Forte à hauteur de l'évènement qui s'y déroule. On peut même dire ça y est c'est fait.  Le président de la république a tenu sa promesse de révision de la constitution. Ambiance solennelle. La constitution est la mère de tous les textes. La constitution n'est pas n'importe quel texte.  Elle ne procède pas de n'importe quelle révision. Elle est le fruit d'une large consultation des partis, des associations, des personnalités en deux étapes. La première a été une consultation menée par Bensalah, président du sénat et la deuxième par Ouyahia, directeur de cabinet à la présidence de la république. Une révision faite sur la base de la prise en compte du plus grand nombre de propositions émises, ce qui déjà en fait un projet consensuel avant son éventuel enrichissement. 70% des propositions ont été retenues.

Ouyahia a fait un exposé des enrichissements en en expliquant les motivations avant de se soumettre à une batterie de questions de la part des journalistes. Pas seulement des enrichissements. Plutôt des innovations. Ou alors des révolutions.

L'ordre de la présentation du projet de constitution est lui-même cohérent. D'abord, la priorité des priorités, à savoir la consolidation de l'unité nationale. Elle remonte dans le passé, le plus loin possible qui imprègne les mémoires. Une dimension plusieurs fois millénaire de notre histoire. Elle rend justice à l'histoire, ancienne et proche de nous.

Elle renforce l'unité nationale par la prise en compte des trois dimensions qui forment notre identité nationale. Suite à la reconnaissance de notre identité collective et intégrante, Elle met en place les éléments de consolidation de la démocratie en définissant la nature démocratique et républicaine du régime politique fondé sur l'alternance démocratique,  la séparation des pouvoirs et la limitation à deux du nombre de mandats présidents.

D'autres innovations vont immanquablement renforcer les libertés démocratiques, à savoir la liberté de manifestation pacifique, la garantie de la liberté de presse et le droit d'accès aux informations.

L'opposition voit ses droits renforcés, et parmi ceux-ci la saisine du conseil constitutionnel et la réservation d'une séance mensuelle dans les deux chambres parlementaires à l'examen d'un ordre du jour fixé par elle.

Ouyahia a parlé d'un nouveau regard porté sur le parlement, à savoir le contrôle parlementaire sur le gouvernement, consultation de la majorité parlementaire pour la nomination du chef du gouvernement ... Nous reviendrons sur toutes les nouvelles dispositions qui vont renforcer la démocratie et l'Etat de droit.

Said Abjaoui