La poursuite de la grève des transporteurs de marchandises, observée depuis trois jours, a grandement affecté mardi l’activité du port de Bejaia, "réduite à sa portion congrue" après notamment l’extension de la contestation au terminal à conteneurs, apprend-on du PDG de l’entreprise portuaire, Djelloul Achour.
Entamée pour réclamer une augmentation des prix de leur prestation, au prorata de la récente hausse des prix du carburant, et limitée au non enlèvement des matériaux de construction, notamment le ciment, le bois et les produits sidérurgiques, la grève s’est étendue en effet aux produits conteneurisés qui, pour l’essentiel renferment des matières premières destinées aux unités économiques de quelque 36 wilayas composant l’hinterland du port, a-t-il précisé.
Sur une activité habituelle quotidienne, estimée à un traitement de plus de 32.000 tonnes de marchandises générale, dont 50% évacués extra-muros, au pied levé juste après leur déchargement du bateau, il n’en a été manutentionné ce mardi que 20.000 tonnes dont à peine 5.000 évacués du port, a-t-il soutenu, indiquant que les carences en transbordement des marchandises en dehors du port a impacté autant les rythmes de production revus sensiblement à la baisse que les marges de man£uvres en matière d’entreposage.
"Les terre-plein sont aujourd’hui saturés. Et le port, à l’exception des céréales, est quasiment à l’asphyxie", a-t-il déploré, estimant que le port est "l’otage d’un mouvement qui n’a rien avoir avec la revendication concernant le prix des carburants", mettant en garde sur l’éventualité de sa persistance, qui risque, a-t-il dit, de "le paralyser littéralement".
(APS)