Prévu du 28 au 31 janvier prochains, le Festival d’Angoulême est sous les projecteurs des médias pour une actualité dont les organisateurs auraient certainement bien voulu bien se passer.
Les trente noms retenus pour être nominés au festival sont tous des hommes, ce qui a crée un mouvement de protestation et une série de boycotts, notamment parmi les nominés dont sept ont déjà demandé à retirer leurs noms de cette liste. « À l'origine de cette mauvaise publicité, une sélection pour le Grand prix de la BD dévoilée le 5 janvier qui fait la part belle à 30 auteurs dont aucune femme », résume le site lefigaro.fr, qui rejoint les autres medias français qui se sont tous fait l’écho de cette campagne d’indignation qui a suivi cette publication. L’artiste dessinateur français Riad Sattouf, a été le premier à réagir à la liste en faisant noter sur son compte Facebook qu’il découvert avec un grand plaisir son nom sur la liste des nominés, en ajoutant : « Mais, il se trouve que cette liste ne comprend que des hommes. Cela me gêne, car il y a beaucoup de grandes artistes qui mériteraient d'y être. Je préfère donc céder ma place à, par exemple, Rumiko Takahashi, Julie Doucet, Anouk Ricard, Marjane Satrapi, Catherine Meurisse... Je demande à être retiré de cette liste, en espérant toutefois pouvoir la réintégrer le jour où elle sera plus paritaire», peut on lire dans ce passage reprise sur le site lepoint.fr.
Un autre artiste, Joan Sfar lui emboîte le pas, annonce qu’il ‘’ soutient à mille pour cent Riad’’ et s’en va dire toute sa déception dans les colonnes du journal Huffington Post en soulignant que «Trente noms sans aucune femme, c'est une gifle à celles qui consacrent leur vie, à créer, ou à aimer les bandes dessinées». De leur côté, « les auteurs américains Daniel Clowes et Charles Burns demandent aussi sur Twitter via leur maison d'édition Cornélius à être retirés de la sélection des prétendants au Grand Prix », rapporte lepoint.fr. Les politiques ses ont également invités au débat avec notamment les postions de la ministre de la culture Fleur Pellerin et de la Secrétaire d'État aux droits des femmes, Pascale Boistard. « C'est quand même un peu étonnant même si probablement les femmes sont sous-représentées parmi les auteurs de bandes dessinées qu'on n'ait pas trouvé sur trente noms, un seul nom de femme à honorer», a déclaré la ministre de la culture, tandis que Pascale Boistard faisait savoir, avoir «reçu en décembre le collectif des créatrices de BD contre le sexisme. Leur demande de reconnaissance est légitime #womendoBD #Angoulème», dans un message envoyé sur Twitter. Les organisateurs du festival ont attendu quelques heures, histoire d’accuser le coup, avant de monter au créneau pour défendre le choix des trente artistes pressentis. Le délégué général du festival Franck Bondoux, a d’abord souligné que les lauréats accèdent à un «prix rétroviseur» destiné à récompenser toute l’œuvre d’un artiste avant d’ajouter , repris par lefigaro.fr : «Le festival ne peut pas tordre cette réalité, même si je concède que la liste aurait pu contenir un ou deux noms féminins, que nous aurions dû être vigilants sachant que le festival est une caisse de résonance médiatique pour de nombreuses causes».
Cherbal E-M