Clôture des travaux du 26e sommet de l’UA à Addis-Abeba

Publié par DK News le 31-01-2016, 23h27 | 47

Les travaux du 26e Sommet ordinaire de l’Union africaine (UA) ont pris fin hier après-midi à Addis- Abeba, par l’adoption des différents rapports thématiques qui lui ont été soumis par le conseil ministériel.

Dans son discours de clôture, le chef d’Etat tchadien, Irdiss Deby Itno, président en exercice de l’UA, s’est félicité du "consensus" qui s’est dégagé autour de "certaines questions", notamment la lutte contre le terrorisme et le règlement des crises dans certains pays. Il a appelé, à ce propos, à "prendre toute la mesure de ces questions qui compromettent sérieusement notre progrès et notre développement". "Autant nous devons faire preuve de fermeté contre le terrorisme, autant pour les crises internes aux Etats, le dialogue doit être le maître mot", a encore insisté le nouveau président de l’UA, soulignant que ce sera le cas pour le Burundi et le Soudan du Sud où l’Union africaine "doit poursuivre ses efforts pour que ces pays retrouvent rapidement le chemin de la paix". "Cela passe par l’arrêt immédiat des violences", a-t-il prôné.

D’autre part, les droits de l’homme et ceux de la femme africaine en particulier ont été le thème central de ce sommet et à ce titre, le président Deby a affirmé que ce thème "doit être au centre des agendas nationaux" pour "une Afrique en paix, une Afrique prospère".

Il a, par la même occasion, appelé à accorder une "attention particulière" à la jeunesse africaine qui "doit être à l’avant-garde pour prévenir et venir en aide à ceux de nos pays en crise, mais aussi pour promouvoir la paix, le développement et l’intégration". M. Deby a indiqué, à ce propos, que l’UA réfléchit sur la tenue d’un sommet extraordinaire qui se penchera, entre autres, sur ce phénomène qui "saigne l’Afrique avec la migration de nos jeunes vers l’Europe". La délégation algérienne aux travaux de ce sommet a été conduite par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal.


L’Algérie réaffirme à Addis-Abeba les principes cardinaux de sa diplomatie

Le 26e Sommet de l’Union africaine dont les travaux ont pris fin hier à Addis-Abeba, a été l’occasion pour l’Algérie de réaffirmer, une fois de plus, les principes cardinaux qui constituent le socle de sa diplomatie depuis le recouvrement de sa souveraineté nationale en 1962.

La diplomatie algérienne qui s’est déployée sur tous les fronts dans la capitale éthiopienne, a permis de faire triompher les positions que l’Algérie a toujours défendues concernant les questions de paix et de sécurité, de développement et des droits de l’homme.

Au sujet des crises et conflits qui rongent le continent, l’Algérie qui a toujours rejeté la solution de l’intervention militaire en privilégiant plutôt le règlement pacifique et politique par la voie du dialogue et de la concertation, n’a pas manqué de faire entendre sa voix devant les dirigeants africains en affirmant que tous les conflits peuvent être résolus sur la table des négociations, loin des guerres destructives.

C’est le cas notamment en Libye où l’Algérie qui a œuvré, depuis le début de la crise dans ce pays, à rassembler les différentes parties en conflit, s’est félicitée de la signature de l'accord politique permettant la constitution d’un gouvernement d’union nationale et la mise en place d’institutions démocratiques et pérennes, soulignant que cet accord est la seule voie à suivre et qu’aucune autre initiative ne devrait être entreprise. La volonté politique des leaders africains de combattre le terrorisme, a été fortement appuyée par l’Algérie qui a mis son expérience en matière de lutte contre ce phénomène étranger aux valeurs musulmanes, au service de l’Afrique pour renforcer ses capacités dans ce domaine.

Parmi les actions préconisées à ce propos, il a été souligné l’importance de mettre en place un système de prévention structurelle et d’alerte précoce en vue de rehausser l’efficacité de la coopération africaine en tant que composante de la stratégie globale des Nations unies en matière de lutte contre le terrorisme. L’Algérie a également mis en relief l’importance d’une mobilisation diplomatique accrue au niveau international en faveur de la criminalisation du paiement des rançons pour la libération d’otages, ainsi que pour l’adoption d’un instrument juridique international contraignant, destiné à permettre le tarissement de toutes les sources de financement du terrorisme.

L’Algérie a, en outre, appelé en renforcement des capacités du Centre africain d’études et de recherche sur le terrorisme, dont le siège est implanté à Alger.


Droits de l’homme : des avancées significatives

Au sujet des droits de l’homme, thème central du sommet d’Addis-Abeba, l’Algérie a mis en avant les avancées "significatives" accomplies dans ce domaine, plus précisément en ce qui concerne la promotion des droits de la femme. Il s’agit d’un acquis important qui sera renforcé dans le cadre de la nouvelle révision de la Constitution, laquelle accorde davantage d’espaces démocratiques et assoie une gouvernance performante, s'insérant dans la dynamique globale des vastes chantiers de réformes lancées par le président de la République. Cette révision renforce également les droits de troisième génération comme le droit à la culture, à l’environnement, à la liberté d’entreprise et aux libertés académiques et donne la possibilité au citoyen-justiciable de saisir le Conseil Constitutionnel pour invoquer une disposition législative susceptible de porter atteinte à ses droits et libertés garantis par la Constitution. La création d'une haute instance permanente indépendante de surveillance des élections dans le but d'entourer les scrutins de transparence et d'impartialité, ainsi que la mise en place d’un conseil national des droits de l’homme, chargé d’assurer les missions de surveillance, d’alerte précoce et d’évaluation en matière de droits de l’homme, traduit la volonté de l’Etat à placer la dignité humaine au centre de ses préoccupations et à en faire une priorité absolue.  Au chapitre de la réforme des Nations unies, l’Algérie s’est engagée en faveur d’une position africaine commune qu’elle s’attèle à "promouvoir dans tous les fora bilatéraux et multilatéraux". Considérant cette question comme une "importance stratégique", l’Algérie estime que cette réforme appelle une "action unifiée et coordonnée" de l’UA afin de promouvoir les "revendications légitimes" de l’Afrique visant à décrocher un siège permanent au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. S’agissant, par ailleurs, de la problématique du changement climatique, l’Algérie s’est prononcée en faveur d’une action "renforcée et solidaire" de la coopération internationale, tout en étant "convaincue" que l’accord de Paris "répond aux principales préoccupations de toutes les parties, de manière juste, équilibrée et en conformité avec les principes de la Convention de Durban". Pour ce faire, la mobilisation de l’Afrique doit être "entière et indéfectible", recommande l’Algérie, même s’il s’agit du continent le moins pollueur mais victime de ce phénomène.


Intense activité diplomatique de M. Sellal

La participation du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, aux travaux du 26e Sommet de l'Union africaine (UA) qui se tiennent depuis samedi à Addis Abeba, a été marquée par une intense activité diplomatique.

M. Sellal, qui représente le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, au 26e Sommet de l'UA, a eu des entretiens avec plusieurs chefs d'Etat ayant porté sur l'état des relations bilatérales entre l'Algérie et leurs pays respectifs, ainsi que les voies et moyens de les renforcer davantage. Le Premier ministre a remis à ces chefs d'Etat des messages du Président Bouteflika dans lesquels il leur transmet «ses chaleureuses salutations», ainsi que «ses vœux pour la réussite du Sommet d'Addis-Abeba».

M. Sellal avait mis en exergue, samedi lors des travaux, les efforts de l'Algérie dans le domaine de la promotion des droits de l'homme, choisis comme thème central du 26e Sommet de l'UA.

A cet égard, il a mis en avant les avancées «significatives» réalisées par l'Algérie sur cette voie, citant plus précisément ce qui a été accompli en matière de promotion des droits de la femme. Il s'agit là, selon le Premier ministre, d'«un acquis important» qui sera renforcé dans le cadre de la révision de la Constitution.

La révision, découlant d'une «authentique volonté» d'élargir davantage les espaces démocratiques et d'asseoir une gouvernance performante, s'insère dans la dynamique globale impulsée par les vastes chantiers de réformes que le président de la République avait lancés pour la consécration de l'Etat de droit et au renforcement de la démocratie participative, en prenant en charge la pluralité de la composante du peuple algérien.

La Constitution enrichie, stipule que l'Etat œuvrera à promouvoir la parité entre les genres sur le marché de l'emploi et encouragera l'accès des femmes aux responsabilités dans les Institutions et administrations publiques.

Ces principes ont été mis en avant à Addis-Abeba dans une contribution de l'Algérie aux travaux du Sommet de l’UA, tout en annonçant que le pays abritera les 7 et 8 mars prochain la 5e Assemblée générale de la «Déclaration de Kigali de 2010» à laquelle sont conviées les polices africaines, pour débattre de la question de la violence faites aux femmes.


Droits de l’homme : La contribution de l’Algérie appreciée

 

Lors de la première journée des travaux de ce sommet, consacré aux droits de l'homme avec un accent particulier pour les droits des femmes, l'Algérie a présenté une contribution dans laquelle il a été rappelé le vaste processus de réformes institutionnelles, politiques et socio-économiques, engagé en 2011, et qui aboutira par l’adoption prochaine d’une nouvelle Constitution.

Selon le document, cette révision qui «découle d'une authentique volonté d'élargir davantage les espaces démocratiques et d’asseoir une gouvernance performante, s'insère  dans la dynamique globale des vastes chantiers de réformes lancées par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika en Algérie depuis 1999 devant conduire à la consécration de l’Etat de droit, au renforcement de la démocratie participative en prenant en charge la pluralité de la composante du peuple algérien».

Outre le rappel que toute atteinte ou restriction aux droits civils et politiques du citoyen «ne peut intervenir que sur décision motivée de l’autorité judiciaire»,  le projet de révision constitutionnelle a élevé au rang de disposition constitutionnelle la criminalisation de la torture, la prohibition de la sanction du délit de presse par une peine privative de liberté, l'arrestation arbitraire, la possibilité de pourvoi en matière criminelle, le caractère exceptionnel de la  détention provisoire et l’exercice du droit à la manifestation pacifique, relève la même source.

L'Algérie qui a placé la dignité de l'homme au centre de son combat libérateur, ne pouvait ignorer les aspirations de ses citoyens dont l’émancipation politique confisquée durant plus d'un siècle s'est accompagnée d'une dépossession identitaire, économique et sociale.

Malgré un contexte d'une criminalité terroriste, à ce jour sans pareille, l'Algérie a instauré le multipartisme et a accéléré son processus d'adhésion aux instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l'Homme, note le document.

Les efforts «incessants» de l'Algérie visant la promotion et la protection des droits de l'homme ont «favorisé la création de conditions appropriées d'un environnement politique,  juridique, économique, social et culturel qui octroie à la femme algérienne une place et un rôle prééminent dans  le dispositif de transformation sociale», selon la même source.

Le texte cite, à ce titre, la mise en place d'organes, de mécanismes, d'espaces concourant à la définition et à la mise en £uvre de l’approche «genre», ainsi que des dispositifs d'écoute, d'orientation et d'accompagnement dans l'ensemble des secteurs.


Changements climatiques : Le nouvel accord post 2020 est une "base solide"

L'Algérie, qui s'honore d'avoir co-présidé le processus des négociations de la plateforme de Durban, considère le nouvel accord post 2020 comme une "base solide" pour une action "renforcée" et "solidaire" de la coopération internationale dans la lutte contre le réchauffement climatique, a affirmé dimanche à Addis- Abeba le Premier ministre, Abdelmalek Sellal.

Intervenant sur le thème du changement climatique au titre des travaux du 26ème Sommet de l'Union africaine, il a précisé que l'Algérie était "convaincue" que l'Accord de Paris "répond aux principales préoccupations de toutes les parties, de manière juste, équilibrée et en conformité avec les principes de la Convention, notamment ceux de l'équité, de la responsabilité commune, mais différenciée de la responsabilité historique". Le Premier ministre a relevé que l'engagement de l'Afrique dans la lutte contre le changement climatique était "indéfectible".

"La stabilité de nos pays, ainsi que leur quête de développement socioéconomique, rythmées par la dynamique de l'Agenda 2063, nous obligent à renforcer notre mobilisation et nos efforts dans ce domaine", a-t-il soutenu.

"Plusieurs de nos priorités ont pu être inscrites dans l'Accord de Paris et cela nous offre un motif supplémentaire de satisfaction. Il s'agit particulièrement des principes de différentiation, d'équité, de responsabilité historique, de droit au développement, de contexte national, d'éradication de la pauvreté dans le Sud et de la sécurité alimentaire", s'est-il réjoui.

Selon le Premier ministre, le compromis de Paris "engage, en outre, les pays développés à soutenir les pays du Sud dans le développement, le transfert de technologie et le renforcement de capacités".

Il a fait remarquer, en outre, que la concertation interafricaine sur ce dossier "décisif" a été "nettement renforcée" par les travaux du Comité africain sur les changements climatiques, qui se sont distinguées par des "consultations régulières ayant permis l'identification de nombre d'initiatives climatiques bénéfiques au continent".

A ce titre, des "acquis supplémentaires ont été réalisées à l'occasion de la Conférence de Paris, avec la présentation de l'initiative africaine sur le développement des énergies renouvelables, qui a bénéficié du soutien technique et financier du G7 et de l'Union européenne", a-t-il souligné.

"Nous restons, donc, entièrement mobilisés pour porter haut et défendre la vision propre à notre continent", a assuré M. Sellal.


M. Lamamra rencontre son homologue argentine...

 

Le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, s'est entretenu samedi a Addis-Abeba avec son homologue argentine, Mme Suzana Malcorra.

L'entretien a eu lieu en marge des travaux du 26e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine. Lors de cette rencontre, les deux ministres ont discuté l'état des relations algéro-argentines, ainsi que les perspectives du renforcement de la coopération bilatérale dans les différents domaines et secteurs porteurs de développement pour les deux peuples.

M. Lamamra a également abordé avec Mme Malcorra les questions internationales d'intérêt commun, notamment la crise du prix du pétrole et la coopération Sud-Sud.

 

...et s'entretient avec le secrétaire général-adjoint des Nations unies chargé de la paix

Le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, s'est entretenu samedi à Addis-Abeba avec le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous. L'entretien a eu lieu en marge des travaux du 26e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine.

Au cours de cette rencontre, M. Lamamra a échangé avec le responsable onusien sur le processus de mise en œuvre de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d'Alger.

A ce titre, le secrétaire général adjoint a salué l'engagement continu de l'Algérie pour la mise en œuvre de l'Accord au Mali, se félicitant de la tenue en janvier 2016 à Alger de la réunion consultative de haut niveau du comité de suivi, qui a permis d'évaluer le processus en cours et d'identifier les voies et moyens de le dynamiser davantage.

Le ministre d'Etat s'est, pour sa part, félicité des avancées enregistrées dans la mise en œuvre de l'Accord, tout en soulignant la nécessité de saisir l'opportunité qu'il offre en vue de bâtir la confiance et d'accélérer le processus de réconciliation au Mali.

M. Lamamra a, par ailleurs,  abordé avec son interlocuteur la question du partenariat entre l'Union africaine et les Nations unies, ainsi que les autres missions de maintien de la paix déployées en Afrique, notamment la Minurso au Sahara occidental à la lumière des efforts déployés pour l'organisation du référendum d'autodétermination dans ce pays.

APS