L'agence de notation financière Fitch a indiqué vendredi avoir dégradé la perspective de la Russie de stable à négative en raison des risques liés aux sanctions occidentales contre Moscou. Ce changement de perspective signifie que l'agence pourrait abaisser prochainement la note de la Russie, fixée pour l'instant à «BBB», ce qui correspond à un émetteur de qualité moyenne mais en mesure de faire face à ses obligations de manière adéquate, indique l'agence dans un communiqué.
«Etant donné que les banques et les investisseurs américains et européens pourraient avoir des réticences à prêter à la Russie dans les circonstances actuelles, l'économie pourrait ralentir davantage et le secteur privé pourrait avoir besoin d'aide publique», a indiqué l'agence. Fitch a aussi baissé son estimation de croissance de la Russie à moins de 1% pour 2014 et 2% en 2015, rappelant que la croissance du pays avait déjà ralenti à 1,3% en 2013.
Jeudi soir, l'agence d'évaluation Standard & Poor's avait aussi abaissé à «négative» la perspective de la Russie, en raison des risques liés aux sanctions occidentales contre Moscou.
L'Union européenne et les Etats-Unis ont annoncé vouloir durcir les sanctions envers la Russie, dont la chambre basse du parlement a ratifié jeudi le traité sur le rattachement de la Crimée à la Fédération russe.
Moscou supprime une autre baisse du prix du gaz vendu à l'Ukraine
La Russie a annoncé vendredi la suppression du rabais qu'elle accordait à l'Ukraine sur le prix du gaz en échange de l'utilisation d'une base navale en Crimée, après avoir décidé récemment de mettre fin à une autre baisse de prix.
Avec le rattachement de la Crimée à la Russie, «la notion de baisse du prix du gaz accordée à l'Ukraine pour la base de la Flotte de la mer Noire, n'existe plus», a déclaré au quotidien économique Vedomosti le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov.Cette baisse de 100 dollars pour 1.000 mètres cubes avait été décidée entre le président ukrainien pro-Kremlin Viktor Ianoukovitch et le président russe de l'époque Dmitri Medvedev en avril 2010 dans le cadre d'un accord de prolongement de la présence de la Flotte de la mer Noire en Crimée.
Après le refus des autorités ukrainiennes de signer un accord de libre-échange avec l'Union européenne, Moscou a accordé en décembre à Kiev un prêt de 15 milliards de dollars et une baisse supplémentaire de 30% sur les prix du gaz. Gazprom avait annoncé le 4 mars avoir décidé de mettre fin à partir du mois d'avril à cette baisse accordée en décembre.
Après la perte de ces deux baisses de prix, l'Ukraine, au bord de la faillite, devra payer 480 dollars les 1.000 m3 de gaz, un des prix les plus élevés d'Europe, indique le quotidien.