Des responsables de milices majoritairement chrétiennes anti-balaka ont affiché vendredi leur disposition à déposer les armes, au cours d'une rencontre à Bangui avec la ministre centrafricaine de la Communication et de la Réconciliation, Antoinette Montaigne Moussa.
«Nous avons opté pour libérer le peuple centrafricain (...).Donc nous ne devons plus continuer à perpétuer des actes qui sont contraires à notre but. Ceux qui perpétuent les actes de violences ne sont pas de vrais anti-balaka.Nous sommes déterminés à déposer les armes, à aller à la réconciliation avec les musulmans», a déclaré lors de cette rencontre publique organisée à la Primature, Emotion Brice Namsio, qui se présente comme un coordonnateur des anti-balaka, nébuleuse de groupes de miliciens.
«Le gouvernement se félicite de la main tendue des anti-balaka au gouvernement et de la position prise par les anti-balaka de vouloir déposer les armes pour aller à la réconciliation», a déclaré de son côté la ministre de la communication, ajoutant: «j'espère que ce que vous avez dit aujourd'hui, ne sera pas tout de suite contredit par des actes de violences, d'autres tueries.».Les responsables anti-balaka ont cependant émis des doléances, notamment un geste du gouvernement pour la prise en charge des éléments qui selon eux «travaillent dans les champs aux alentours de Bangui pour subvenir à leurs besoins».
Les anti-balaka se sont dans un premier temps opposés aux combattants essentiellement musulmans Séléka. Représailles et contre représailles ont plongé la Centrafrique dans une spirale de violences, avec des centaines de milliers de déplacés et contraint à l'exode les civils musulmans - traqués par les anti-balaka - de régions entières du pays, malgré la présence des forces française Sangaris et africaine Misca.
Hollande lance un appel pour que l'Eufor «soit suffisamment dotée» dès lundi
Le président français François Hollande a lancé un appel vendredi à Bruxelles pour que la force militaire européenne en Centrafrique (Eufor) «soit suffisamment dotée à partir de lundi» pour pouvoir intervenir au plus vite.
«Il faut 500 personnels, il y en a pour l'instant 375, donc il y a un effort à faire», a déclaré M. Hollande lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet européen largement consacré à l'Ukraine. «Je pense que l'appel que j'ai lancé, qui a été relayé par M. Herman Van Rompuy (président du conseil européen) et Mme Catherine Ashton (chef de la diplomatie européenne) sera entendu», a-t-il ajouté.
Les pays européens rechignent jusqu'à présent à mobiliser les effectifs et les moyens, notamment logistiques, nécessaires au lancement d'Eufor-RCA destiné à venir en appui aux forces africaines et françaises. Une centaine de soldats manquent pour pouvoir lancer l'opération militaire européenne en Centrafrique, qui devait initialement démarrer cette semaine, a indiqué mercredi le commandant de cette force, le général français Philippe Pontiès, jugeant la situation «préoccupante».
«J'ai insisté là-dessus auprès des chefs de gouvernement qui avaient déjà fait des gestes ou qui avaient émis de promesses pour que nous puissions, lundi, avoir les effectifs suffisants», a dit M. Hollande. Il ne s'agit «pas de troupes combattantes mais essentiellement de personnels qui pourraient se déployer pour le transport notamment des troupes africaines, pour la logistique et pour la santé».Il a jugé que le lancement d'Eufor-RCA était une question de «crédibilité de l'Europe».M. Hollande a par ailleurs indiqué qu'il recevrait la présidente centrafricaine Catherine Samba Panza avant le prochain sommet UE-Afrique prévue les 2 et 3 avril à Bruxelles.