Brésil/Destitution Rousseff : L'opposition veut inclure Petrobras

Publié par DK News le 22-03-2016, 17h06 | 22

La commission parlementaire chargée d'examiner la destitution de la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, s´est penchée lundi sur une proposition de l´opposition tentant d´inclure dans la procédure des accusations liant la chef d´Etat au scandale de corruption de Petrobras.

La procédure a été officiellement lancée pour maquillage présumé des comptes publics, mais l´opposition a demandé d´y ajouter les révélations du sénateur Delcadio Amaral, chef du groupe sénatorial du Parti des travailleurs (PT, gauche), qui a négocié un accord de collaboration avec la justice en échange de remise de peine.

Dans un entretien à l´hebdomadaire conservateur Veja samedi, le sénateur a de nouveau accusé la présidente d'avoir "hérité et bénéficié directement" du réseau de pots-de-vin tissé autour de Petrobras pour le financement de ses campagnes électorales en 2010 et 2014 en assurant qu'elle "savait tout". Rousseff a nié en bloc, et a d´ores et déjà annoncé qu´elle attaquerait le sénateur en justice pour diffamation.

Les députés du PT et de partis alliés à la Commission spéciale s'opposaient à l'inclusion de ces accusations dans la procédure d'impeachment. "Cette demande n´a aucun sens. On ne peut rien rajouter de plus. Les accusations de maquillage de comptes publics n´a rien à voir avec les dénonciations de Delcidio (Amaral)", s´est insurgé le député Chico Alencar, du PSOL (extrême-gauche). "Il serait illégitime d´ajouter d´autres documents.

Il faudrait lancer une autre procédure de destitution", a argumenté ce député. Le président de la commission, Rogério Rosso, a demandé à ses collègues de faire preuve de prudence en "suivant à la lettre la procédure légale" pour ne pas "approfondir la crise de la Nation".

Cette commission spéciale, qui avait entamé ses travaux vendredi, doit rendre d´ici un mois un rapport recommandant ou non la destitution de la présidente, après avoir pris connaissance de sa défense. Deux tiers des votes des députés en assemblée plénière, puis autant des sénateurs, seraient ensuite nécessaires pour écarter Mme Rousseff du pouvoir.