Selon l'hebdomadaire français l'Express : L'Algérie, un enjeu géopolitique «majeur» et un marché potentiel «considérable»

Publié par DK News le 06-04-2016, 19h32 | 40

L'Algérie représente pour la France un enjeu géopolitique «majeur» et un marché potentiel «considérable», a estimé mercredi l'hebdomadaire français l'Express dans son dernier numéro.

«Pour la France, les 40 millions d’Algériens --55 millions en 2050-- représentent un enjeu géopolitique majeur, ainsi qu’un marché potentiel considérable», a écrit l’Express dans un article intitulé «Paris-Alger : l’entente vitale», publié à la veille de la tenue à Alger la 3e session du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN).

Le magazine souligne que depuis son élection, le président François Hollande «ne cesse de multiplier les gestes symboliques à l’égard de l’Algérie», rappelant que deux visites en Algérie, en 2012 et en 2015, «ont permis de normaliser les relations entre les deux pays, glaciales sous Nicolas Sarkozy».
«Ses mots, lors de sa visite d’Etat, en décembre 2012, sur les +souffrances infligées+ par la colonisation du peuple algérien et sur la torture n’avaient jamais été prononcés», a-t-il relevé.

Même si l’entente était déjà «bonne» sous l’ancien président Jacques Chirac, ajoute l’Express, «ce renouveau relève aussi d’une approche pragmatique», soutenant ce constat par le fait que les deux pays «font face à un ennemi terroriste commun».

Sur ce plan, l’hebdomadaire a noté que «vu de Paris, Alger est le seul rempart dans la région», auquel «il faut préserver la stabilité».Sur le plan économique, le journaliste, Romain Rosso, soutient son article en reprenant le décryptage de Mansouria Mokhefi, spécialiste du Maghreb à l’Institut français des relations international (IFRI), qui précise que «L’Algérie a bien intégré que ses interlocuteurs comptaient énormément sur son implication et qu’en retour elle pouvait obtenir d’eux des investissements» et en illustrant avec le ballet ministériel entre les deux pays.

«Pratiquement, tous les domaines de l’action gouvernementale sont concernés», lui a confié une source proche du Premier ministre français, ajoutant que des «formats» diplomatiques «ont été instaurés afin de faire avancer les dossiers».

C’est dans cette dynamique que le magazine a relevé que «peu à peu, quelques projets sortent de terre, souvent après de longues tractations», citant en exemples l’installation de l’usine Renault à Oued Tlelat (Oran) et Sanofi qui a posé la première pierre de sa future usine à Sidi Abdallah (Alger). Même si les entreprises françaises restent confrontées à une rude concurrence, les besoins de l’Algérie, a-t-il estimé, «demeurent énormes», indiquant que les experts soutiennent que «la diversification de l’économie algérienne est vitale».

Par ailleurs, l’Express ne semble pas disconvenir pas du fait que, dans ce climat, la diaspora algérienne en France, «qui compte de nombreux jeunes créateurs d’entreprises et ingénieurs», représente «un atout qui n’a pas échappé à François Hollande».«Le Président est le seul qui s’en préoccupe», a souligné l’historien Benjamin Stora, cité par l’hebdomadaire.