Au quatrième jour de la campagne électorale pour la présidentielle du mois d'avril prochain, les six candidats, ou du moins leurs représentants, commencent à donner du ''jus'' au débat politique.
Et, partant, de la consistance politique à cette campagne électorale. Le candidat indépendant Abdelaziz Bouteflika annonce ainsi son désir de poursuivre le programme des réformes politiques, dont la priorité sera consacrée à la révision de la Constitution. Mieux, son directeur de campagne Abdelmalek Sellal a mis en avant lors de son discours électoral dans la capitale des Zianides que Bouteflika va travailler s'il est élu à la révision de la Constitution et achever le long processus des réformes en Algérie.
Vaste programme s'il en est. Sellal confirme que le programme de Bouteflika sera la révision de la Constitution en priorité pour bâtir une ''Algérie nouvelle'' où les jeunes, a-t-il dit, ''auront une place importante''.Cette refondation de l’Etat proposé par Bouteflika accordera ''plus de prérogatives'' aux élus du peuple et une ''meilleure représentativité des jeunes'', a assuré Sellal.
Il ajoute: «D'aucuns, il est vrai, pourront dire pourquoi Bouteflika n’a pas fait tout cela durant les trois mandats qu’il a passés à la tête de l’Etat, mais moi, je leur répondrai ceci: toutes ces années ont été consacrées au rétablissement de la paix et de la stabilité, à la relance de l’économie nationale et à la reconquête de la place de l’Algérie dans le giron des nations», détaille Sellal. En face, les autres candidats ne sont pas en reste puisqu'ils proposent également une grande variétés de thèmes nouveaux, de la réforme de la Constitution à la rénovation globale de l'architecture économique du pays.
A Chlef, Ali Benflis, l'autre candidat indépendant, annonce qu'il mettra en place un nouveau statut spécifique aux responsables des collectivités locales, s'il est élu. Et il dit: « Je mettrai en place un statut pour les walis, un statut pour les chefs de daïra et un autre pour les Président d'APC, pour les libérer des pressions auxquelles ils sont soumis».
Et puis, il y a cet argument massue pour lui, qui consiste à rendre à l'administration sa neutralité politique. Il dira à ce propos que ''la continuité de l’Etat ne peut être assurée que par la neutralité de l’administration''.
C'est à quelques variantes près, le même objectif de Ali Faouzi Rebaïne, président du parti Ahd 54, qui s'est engagé lui à instaurer une fois élu président de la République une "justice sociale" en offrant une chance à la jeunesse d'occuper des postes de responsabilités.
"Je m'engage devant vous à instaurer, si je suis élu Président, une justice sociale en donnant une chance aux élites composées essentiellement de jeunes d'occuper des postes de responsabilités", a-t-il assuré.
Bref, les six candidats mettent les bouchées doubles pour capter le gros des électeurs, axant leurs discours électoraux sur les grands thèmes du moment: chômage, emploi, habitat, économie, paix sociale et réformes politiques. Et cela ne prélude qu'une accélération de cette campagne électorale qui amorce ce jeudi son 5e jour.